Banlieues Santé: raccorder les plus précaires au système de soin

Banlieues Santé est une association qui a vu le jour en juin 2018. Son but ? Assez simple : faciliter l’accès à la santé pour tous. Abdelaali, président fondateur, nous en parle. 

 

Banlieues Santé, c’est un projet qui a vu le jour en juin 2018 de manière officielle. Mais officieusement, les membres étaient déjà très engagés depuis 15 ans. Un engagement sur les questions des inégalités sociales de santé, avec un axe premier : comment raccorder les patients au parcours de soins. Et un constat que fait Abdelaali Badaoui, président de l’association et infirmier de profession : « Le mauvais accès au système de santé n'est pas du à un manque d’infrastructures ou de professionnels de santé, mais plutôt un manque d’informations et de compréhension de l’accès à la santé », explique-t-il. L'objectif de Banlieues Santé est simple : « comment on arrive à faciliter l’accès à la santé, comment on arrive à vulgariser les informations sanitaires, et comment on arrive à raccorder les patients au parcours de soins? C’est aussi les rendre logisticiens du dernier kilomètre de la santé publique », développe Abdelaali. « Ce qui fait la force de banlieue santé c’est qu’on est des acteurs de proximité et de terrain, et on crée des solutions d’inclusion sociale d’abord et médicale derrière », poursuit-il.

Le médecin au cœur du dispositif

L’association accueille tout personnel soignant qui voudrait se montrer utile et rejoindre la cause de Banlieues Santé. Au niveau des médecins, on trouve de tout. Des internes, des étudiants de première année, des externes et même des professeurs en médecine. L’objectif de BS, c’est de « rappeler aux médecins que leur travail a aussi une dimension sociale, qu'ils ne sont pas seulement prescripteurs. Le médecine est là pour soigner certes, mais il est d’abord là pour prévenir », souligne le président de l’asso. C’est là tout le taff de BS. C’est un travail de prévention qui est mené sur tout le territoire. Expliquer qu’il faut vulgariser le message de santé publique, faire des campagnes de prévention adaptées à ces populations précaires, avec des professions de santé qui connaissent ces habitants. 

Un enjeu de santé public

BS est aussi à l'origine de la création d'un bus santé précarité : « La plupart des patients qui viennent voir le médecin dans ce bus, pour des problèmes gynécos, des troubles psychiatriques, nous disent que leur médecin ne leur dit pas tout ça », souligne Abdelaali. Dans ce bus, le médecin fait réellement de la prévention, mais délivre aussi de l'information sanitaire. « Typiquement quand on dépose un dispositif sur un territoire, en amont on fait une cartographie de ce qui existe en terme de solutions médicales. Ce qui permet, quand un patient est en difficulté, de le raccorder directement au dispositif qui existe au niveau local. Ça permet d’expliquer aux patients que ce n’est pas un manque d’infrastructures mais que, parfois, c’est un manque de compréhension et d’information. On essaye de faciliter les accès, d’agglomérer les solutions existantes pour vraiment répondre à ces enjeux de désert médical, de fracture sociale, de fracture sanitaire, etc. »

Portrait de Mélanie Philips

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