Automedication a day, keeps the doctor away?

L'industrie prescrit un arrêt de la bobologie pour les médecins

Une étude publiée mi mars par l'industrie pharmaceutique vise à encourager la pratique de l'automédication. Et les médecins dans tout ça ? Le Dr Matthieu Calafiore, généraliste et vice-président du SNEMG, fait le point.

 

L’automédication ne s’est jamais aussi bien portée : c’est ce que dit en substance l’étude d’Open Health commandé et publiée par l’Afipa, l'Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable. L’année 2015 a en effet vu le volume de médicaments vendus sans ordonnance augmenter de 5,2 % pour atteindre 10 % du chiffre d’affaire du pharmacien. Les généralistes considèrent d’ailleurs, selon l’étude, que 45 % de leurs patients sont en mesure de se soigner tout seuls pour des cas de pathologies bénignes comme le rhume ou de légers symptômes grippaux.

Joint au téléphone par la rédaction, le Dr Matthieu Calafiore, vice-président du SNEMG (Syndicat national des enseignants de médecine générale), reconnaît être plutôt d’accord, même s’il lui semble indispensable de nuancer le propos : « l’automédication, on peut la promouvoir un peu plus, mais pas pour toutes les pathologies ».

Il souligne l’importance de la fameuse liste des médicaments en libre accès mise à disposition par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), et parle d’une véritable éducation du patient pour lui permettre de se prendre lui-même en charge. 

Perdre de l’argent ? Pas forcément

Au-delà de la volonté de donner plus d’autonomie au malade, c’est bien sûr la question financière qui se pose. Le praticien va-t-il perdre de l’argent si on encourage son patient à aller chercher son ibuprofène tout seul ? « En effet, il y a une perte qui va se ressentir en nombre d’actes effectués », estime Matthieu Calafiore. « Mais c’est une perte qui peut donner l’occasion au corps médical de s’interroger sur la validité de sa logique de rémunération. Lors des négociations conventionnelles, le sujet a d’ailleurs été évoqué ».

Il suggère également la possibilité pour le praticien d’organiser une certaine formation du patient à l’automédication. Une sorte de consultation qui viserait à sensibiliser les malades à la démarche d’autonomie médicamenteuse, en permettant au généraliste de pallier dans un premier temps le manque à gagner de la médication « at home ».

« Toutes les pathologies ne nécessitent  pas forcément d’aller voir un médecin », souligne Matthieu Calafiore. La bobologie représente en effet, selon lui, jusqu'à 25 % de l'activité du généraliste. « Ce temps sauvé nous permettrait de nous atteler à des cas plus complexes, qui nécessitent un suivi plus rigoureux », conclut le médecin.

Former les patients, mais également former les médecins à cette nécessaire sensibilisation serait une bonne étape pour une automédication plus responsable, qui ferait finalement gagner du temps à tout le monde. Praticien, comme malade. Reste à savoir qui va finalement payer l’addition.

Source: 

Johana Hallmann

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