Au CHU de Clermont-Ferrand : une polémique qui peut surprendre

« Tiens la loi santé! Prends-la bien profond ! Tu devrais t'informer un peu ! ». Non, ce n’est pas un craquage des syndicaux médecins mais une blague entre internes faite sur une peinture murale d'une salle de garde du CHU Gabriel-Montpied de Clermont-Ferrand. L'"oeuvre"  met en scène 4 superhéros de bande-dessinée en train de violer Wonder Woman. Le dessin existe depuis 15 ans, mais les bulles faisant allusion au projet de loi santé ont été rajoutées ce week-end. 

Et ces petites phrases supplémentaires ont provoqué un véritable ouragan. La fresque, dont une photo a été publiée sur les réseaux sociaux avec le titre "les médecins ne sont pas des pigeons", a été dénoncée dimanche par l’association « Osez le féminisme ». Depuis, le post a été supprimé. Choquée, la ministre de la santé Marisol Touraine a qualifié l'image « d’incitation au viol inacceptable». Un acte que l’InterSyndicat National des Internes (ISNI) a condamné à son tour dans un communiqué de presse publié lundi soir en rappelant « la prise en charge quotidienne des internes et dans de nombreux services, des patientes victimes de telles atrocités ». De son côté, la direction de l’hôpital clermontois a répondu fermement et ordonné le retrait intégral de la fresque dans les prochains jours. Des suites juridiques adéquates, disciplinaires, « voire judiciaires » sont engagées à l'encontre des auteurs présumés responsables de cet acte.

Si le caractère cru de l'image en a choqué certains, ce type de représentation est pourtant loin d'être une exception dans l'univers de ces futurs médecins : c'est même une tradition absolue dans la plupart des salles de garde en France, et ce depuis plusieurs siècles. Une façon bien connue pour eux de renouer avec la vie dans son plus simple appareil le soir quand ils côtoient la mort toute la journée. Aussi, il est rare qu'un scandale de cette nature éclabousse à ce point la sphère publique. Pourquoi maintenant ? Et pourquoi eux ? Les esprits politiques et médicaux sont-ils échaudés par les récents bras de fer autour du projet de loi santé ?  Ou Pierre Desproges avait-il définitivement raison en disant qu'on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui?".

Source: 

Léa Drouelle

Portrait de La rédaction

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