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Le prévenu, un chauffeur VTC ivoirien de 49 ans, a écopé de deux ans d’emprisonnement, dont un avec sursis probatoire et un aménagé sous bracelet électronique. Pour usage du nom d’un tiers, il a également écopé de deux mois de prison avec sursis et d’une amende de 10 000 euros, relate La Provence.
Mais surtout, il devra rembourser plus de 400 000 euros à la victime et lui verser 5 000 euros au titre du préjudice moral. Son avocat a annoncé faire appel.
Une affaire de succession non-perçue
L’affaire débute au printemps 2022, lorsque l’ophtalmologue, un Espagnol de 66 ans expatrié à Marseille, commence à échanger en ligne avec une « femme » se présentant sous le prénom d’« Élodie ».
Au fil des mois, la relation virtuelle s’installe et il converse avec celui qu’il croit être sa compagne, lui confiant son quotidien et son désir de « refaire sa vie », explique le journal.
C’est une fois la confiance du médecin acquise que le piège se déploie. La fausse jeune femme, dont les photos avaient été volées sur internet, lui affirme alors devoir toucher une succession de 3,5 millions d’euros, mais dit être confrontée à des difficultés fiscales.
Sous prétexte de frais d’avocat et de notaire, elle sollicite progressivement l’aide financière de l'opthalmologue. Selon le dossier, les demandes d’argent deviennent de plus en plus importantes, conduisant le médecin à épuiser ses économies, puis à contracter des crédits pour continuer à verser les sommes réclamées.
« Elle me disait : “Merci, je vous dois la vie !” […] Il y avait toujours une urgence et toutes mes hésitations étaient prises comme des trahisons », a raconté la victime à l’audience début février.
Un faux convoyeur de fonds
L’escroquerie ne s’arrête pas aux échanges en ligne, comme l'explique La Provence. À l’automne 2023, l’escroc rencontre la victime en se présentant comme un convoyeur de fonds chargé de lui remettre l’héritage, moyennant, là-aussi, rémunération.
Méfiant et financièrement « essoré », le médecin parvient à attirer l’homme dans un piège, jusqu’à son interpellation par la police. Il dépose plainte peu de temps après.
Lors de l’audience, la victime a détaillé les mécanismes de la manipulation affective dont elle estime avoir été la cible, réclammant notamment 100 000 euros pour son préjudice moral.
Le prévenu, soupçonné d’appartenir à un réseau de « brouteurs » - ces escrocs spécialisés dans les arnaques sentimentales opérant souvent depuis l’Afrique de l’Ouest - a reconnu avoir joué le rôle de faux convoyeur. Il a toutefois assuré n’avoir agi qu’à la demande de connaissances en Côte d’Ivoire et avoir seulement perçu « 3 200 euros de frais de convoyage », selon le quotidien.
« Aucune preuve ne montre dans ce dossier que c’est lui qui a réceptionné l’argent (…) il est incohérent de lui faire porter toute la responsabilité », a plaidé son avocat, Me Arnaud Ibanez.
L’avocate de la partie civile, Me Sonia Oussmou, avait pour sa part décrit le prévenu comme un « brouteur professionnel, sans foi ni loi ».
Source:
La Provence
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