Après octobre rose et movember, mars attaque

Les mois de sensibilisation envahissent le calendrier

Le mois d’octobre fut rose. Rose, au nom de la lutte contre le cancer du sein. En novembre, place à Movember, « le mois de l’homme », avec une moustache. Un mois pour parler d’un cancer, cela devient une mode. Les campagnes de publicité et le marketing sont tels que tout le monde en entend parler, mais d’où viennent exactement ces campagnes ?

Octobre Rose, le doyen des mois « à thème »
Le mois d’octobre a été décrété rose par AstraZeneca et l’American Cancer Society en 1985, pour promouvoir la mammographie. Quant au petit ruban, il aurait été à l’origine distribué par une vieille dame américaine à son entourage accompagné d’une carte indiquant le peu de moyen destiné à la prévention du cancer et avec la mention « Aidez-nous à réveiller nos législateurs en portant ce ruban ». L’entreprise Estée Lauder, décidée à agir dans la lutte contre le cancer du sein, entend parler de l’histoire et lance alors le petit ruban rose.
Depuis, le mouvement s’est internationalisé et en France, c’est l’association « Le cancer du sein, parlons-en », qui centralise la campagne depuis 1994. Cette forte mobilisation internationale est aujourd’hui sujette à débats, autant sur l’utilité du dépistage que sur le pink washing qui nous envahit au mois d’octobre.

Movember, le mois de la moustache
Octobre, mois « des femmes », alors novembre sera le mois des hommes. Movember, c’est le mois de la sensibilisation aux cancers masculins (prostate, testicules), mais aussi à l’inactivité physique et à la santé mentale. A l’instar de la panoplie couleur Barbie, la moustache est de mise. En 2003, ce sont quelques potes à Melbourne qui décident de se laisser pousser la moustache : « les origines de Movember : une histoire de poils », blaguent-ils. Le mouvement prend de l’ampleur, et au-delà de la nouvelle tendance hipster, c’est la mobilisation pour la santé masculine qui se propage à l’international. Arrivés en France en 2012, les Mo Bros et Mo Sistas ont des campagnes particulièrement travaillées : ils sont pile dans la tendance et parlent aussi aux jeunes.

Mars bleu, le moins glamour
A côté des célèbres octobre et novembre, n’oublions pas le petit frère français, mars, qui est devenu bleu en 2011. L’Institut national du cancer, associé au Ministère de la Santé, à l’Assurance maladie et à divers partenaires a ainsi décrété mars comme « le mois de mobilisation nationale contre le cancer colorectal ». Nettement moins glamour que ses deux prédécesseurs, les organisateurs tentent de mobiliser les français à coup de campagne de pub, de « colon géant exposé à Paris », et de journée portes ouvertes des gastro-entérologues. Pourtant ici pas de collecte de fonds – ou pas encore, on en reste à une volonté de sensibilisation.

Des mois entiers donc à parler sensibilisation, récolte de fonds, et d’un cancer en particulier. Certains parleront de matraquage, d’autres de prise de conscience, mais on laisse aussi de côté de nombreuses autres pathologies non moins graves, qui n’ont pas Estée Lauder ou une moustache de leur côté pour aider à la mobilisation. N’oublions pas aussi qu’il y a seulement douze mois dans l’année. Alors, qui sera le prochain sur la liste ? Le mélanome en août ?

Source: 

Cécile Lienhard

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