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« Huitième ministre en 2 ans, c’est avec humilité que je porte ma mission », a-t-elle déclaré devant les députés de la commission, en insistant sur sa volonté de s’inscrire « dans [la] continuité » des travaux menés par ses prédécesseurs.
Accès aux soins en tête
Première priorité affichée : l’accès aux soins, alors que « 6 millions de Français [sont] sans médecin traitant » et que « près de 90 % [du] territoire [est] en tension ». La ministre a mis en avant le chantier France Santé, visant notamment à « augmenter le temps soignant disponible », développer la télémédecine et créer de nouveaux lieux de soins.
Elle a également insisté sur la formation, avec le déploiement à l’automne de « près de 3700 docteurs juniors [...] prioritairement dans les territoires qui en ont le plus besoin ». Ce qui va représenter selon elle « 15 millions de consultations supplémentaires chaque année ».
Elle a aussi rappelé la généralisation du guichet unique pour faciliter l’installation des médecins libéraux, et la réforme de l’accès aux études de santé, présentée la semaine dernière.
Une prévention à « résultats mesurables »
Deuxième axe : la prévention, que Stéphanie Rist souhaite rendre plus lisible et efficace. « La prévention ne doit pas être une addition de plans, elle doit maintenant produire des résultats mesurables pour les Français », a-t-elle affirmé.
Elle a évoqué plusieurs initiatives : des expérimentations sur le cancer, dont la structuration du dépistage organisé du cancer du poumon d’ici 2030, et une future campagne contre la consommation de cocaïne.
Sur la santé mentale, grande cause nationale des deux dernières années, elle a annoncé la création d’« une délégation interministérielle à la santé mentale » rattachée à la direction générale de la Santé (DGS) et qui devra s’articuler avec plusieurs portefeuilles (Éducation nationale, logement, travail, jeunesse ou encore numérique).
Vieillissement et protection de l’enfance
Troisième priorité : les vulnérabilités et le virage démographique, dans un contexte de baisse de la natalité et de vieillissement de la population. La ministre a confirmé l’entrée en vigueur au 1er juillet d’un congé de naissance mieux rémunéré, et évoqué le développement du service public de la petite enfance.
Sur la protection de l’enfance, elle a annoncé un texte à venir avec le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, visant notamment la « sécurisation des projets de vie » et le « renforcement de la sécurité des enfants », notamment par « l’extension du contrôle d’honorabilité ».
Souveraineté et efficacité du système
Enfin, la quatrième priorité concerne la souveraineté sanitaire et le financement. « Chaque euro investi doit produire un impact concret pour les patients », a-t-elle insisté. « Cela suppose de piloter différemment nos finances sociales », a-t-elle continué, souhaitant « une clarificiation de notre Ondam avec la création de sous-objectifs ».
La ministre souhaite également « renforcer l'efficience du système de santé », notamment à l'hôpital, avec le lancement prochain d'une « démarche visant (...) à tourner la page des déficits ». Celle-ci « s'appuiera sur le renforcement d'une organisation territoriale fondée sur plus de mutualisations », notamment grâce aux groupements hospitaliers de territoires (GHT), a-t-elle indiqué.
Stéphanie Rist a également mis en avant les enjeux de souveraineté sanitaire, notamment autour des médicaments et des produits de santé, appelant à construire une réponse coordonnée entre États membres de l'Union européenne, afin de faire face « à la politique américaine en la matière ».
La ministre a enfin annoncé la création prochaine d’une direction dédiée à la recherche, au numérique et à l’innovation en santé (Drines), au sein de son ministère, pour passer un nouveau cap dans ce domaine.