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L’accès aux médecins généralistes continue de se dégrader, lentement mais sûrement. En 2024, l’accessibilité moyenne s’établit à 3,3 consultations, visites à domicile ou téléconsultations par an et par habitant, selon les nouvelles données publiées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques.
Cet indicateur recule de 1,1 % par rapport à 2023. La Drees l’explique par la combinaison de trois phénomènes : une diminution des effectifs de médecins généralistes pris en compte, une baisse de leur activité moyenne et une augmentation du nombre d’habitants.
La baisse nationale reste limitée. Mais elle ne dit qu’une partie de l’histoire.
De 1,3 à 5,7 consultations selon le territoire
Les disparités territoriales restent considérables. Les 10 % de la population les moins bien dotés disposent en moyenne de seulement 1,3 consultation de médecine générale par an et par habitant.
À l’autre extrémité, les 10 % de Français les mieux dotés bénéficient d’une accessibilité moyenne de 5,7 consultations.
L’accès théorique aux soins de médecine générale est donc 4,3 fois supérieur dans les territoires les mieux pourvus. Surtout, ce rapport a augmenté de 5,3 % entre 2023 et 2024.
Autrement dit, l’accessibilité moyenne baisse légèrement à l’échelle nationale, mais les territoires les plus fragiles décrochent plus rapidement que les autres.
Pour les médecins qui y exercent, ces données peuvent se traduire par une demande plus forte, des patientèles plus importantes et davantage de difficultés pour absorber les soins non programmés ou assurer le suivi régulier des patients.
Une fracture moins forte qu’ailleurs, mais qui s’aggrave davantage
Les inégalités d’accès aux médecins généralistes restent toutefois moins prononcées que pour les autres professions de santé étudiées par la Drees.
Le rapport entre les 10 % de la population les mieux et les moins bien dotés atteint :
- 7,9 pour les chirurgiens-dentistes ;
- 6,8 pour les kinésithérapeutes ;
- 6,1 pour les infirmiers ;
- 4,9 pour les sages-femmes ;
- 4,3 pour les médecins généralistes.
Les écarts sont donc plus élevés pour les dentistes, les kinésithérapeutes ou encore les infirmiers. Mais c’est en médecine générale que la fracture territoriale s’est le plus fortement creusée en un an.
Entre 2023 et 2024, le rapport entre les mieux et les moins bien dotés a progressé de 5,3 % pour les généralistes, contre 1,9 % pour les chirurgiens-dentistes et 1,3 % pour les kinésithérapeutes.
L’accessibilité progresse pour plusieurs professions
L’évolution moyenne diffère sensiblement selon les professions.
L’accessibilité aux infirmiers diminue légèrement, de 0,8 %, pour atteindre 154,8 équivalents temps plein pour 100 000 habitants standardisés.
À l’inverse, elle progresse pour les autres professions étudiées :
- +3,3 % pour les kinésithérapeutes, avec 123,2 ETP pour 100 000 habitants ;
- +1,9 % pour les sages-femmes, avec 22,2 ETP ;
- +1,4 % pour les chirurgiens-dentistes, avec 61,5 ETP.
Ces hausses sont principalement liées à l’augmentation des effectifs de ces professions.
Mais une hausse de l’offre moyenne ne signifie pas nécessairement une réduction des écarts territoriaux. Chez les kinésithérapeutes et les dentistes, l’accessibilité progresse globalement, tandis que les disparités entre les territoires augmentent.
Seules les inégalités d’accès aux sages-femmes reculent
Les sages-femmes constituent l’exception. Leur accessibilité moyenne augmente de 1,9 %, tandis que les inégalités territoriales diminuent de 3,6 %.
Pour les infirmiers, les disparités restent quasiment stables, avec une baisse de seulement 0,2 % du rapport entre les mieux et les moins bien dotés.
Dans les territoires les moins pourvus, l’accessibilité moyenne s’établit à 57,1 ETP infirmiers, 8 ETP de sages-femmes, 37,8 ETP de kinésithérapeutes et 14,4 ETP de chirurgiens-dentistes pour 100 000 habitants standardisés.
Dans les territoires les mieux dotés, elle atteint respectivement 346,6, 38,8, 255,7 et 114,7 ETP.
Un indicateur d’accès potentiel, pas des délais de rendez-vous
L’accessibilité potentielle localisée, ou APL, ne mesure pas directement le temps nécessaire pour obtenir un rendez-vous, le nombre de médecins acceptant de nouveaux patients ou la difficulté à trouver un médecin traitant.
L’indicateur met en regard l’offre et la demande de soins à l’échelle communale. Il prend notamment en compte le nombre de professionnels, leur niveau d’activité, leur proximité géographique et les besoins théoriques de la population selon son âge.
Il intègre aussi l’offre disponible dans les communes voisines, avec un poids qui diminue à mesure que la distance augmente.
Ces résultats décrivent donc une accessibilité potentielle, et non l’expérience exacte des patients. Ils confirment néanmoins une tendance lourde : en médecine générale, le problème ne tient pas seulement au volume global de l’offre, mais à sa répartition de plus en plus inégale sur le territoire.
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