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Six milliards d’euros seront investis par l’État pour soutenir les projets des hôpitaux régionaux au cours de la prochaine décennie, a annoncé la ministre lors de son discours d’ouverture de Santexpo, le salon annuel organisé par la FHF.
Cette enveloppe prolongera le plan d’investissement engagé après la crise du Covid-19 et le Ségur de la Santé. En 2021, le gouvernement avait annoncé 19 milliards d’euros sur la période 2021-2030 (dont 16 milliards consacrés aux hôpitaux et 3 milliards aux Ehpad).
Avec ces six milliards supplémentaires d’ici 2036, l’effort global pour les hôpitaux atteindra ainsi 22 milliards sur quinze ans.
Des crédits anciens remobilisés
Une partie des crédits du Ségur a déjà été fléchée vers 773 projets hospitaliers régionaux, dont 137 sont déjà finalisés, selon Stéphanie Rist.
Mais « la hausse des coûts de construction, l’évolution des taux d’intérêt et la fragilisation financière de nombreux établissements » imposent désormais de « réaffirmer une trajectoire claire de soutien aux investissements hospitaliers », tout en « garantissant la soutenabilité des opérations à long terme », a-t-elle poursuivi.
Pas sortis de nulle part, ces six milliards proviennent en réalité de crédits prévus dans deux plans d’investissement antérieurs (dits « Hôpital 2007 » et « Hôpital 2012 ») et qui arrivaient expiration, précise le cabinet de la ministre.
Ils sont donc « remobilisés » et doivent désormais être « sanctuarisés » dans une instruction qui sera prochainement transmise aux agences régionales de santé.
« C’est une très bonne nouvelle, on les recycle », a réagi Cécile Chevance, responsable du pôle finances de la FHF, interrogée par l’AFP. Ces crédits, estime-t-elle, viendront « compléter les enveloppes du Ségur », devenues insuffisantes avec l’inflation des coûts de construction.
Sous conditions
Stéphanie Rist a toutefois prévenu que les investissements devraient rester « soutenables » et seraient « conditionnés à la mise en œuvre de mesures d’efficience », afin que « chaque euro d’argent public soit bien utilisé ».
Les projets soutenus devront notamment s’inscrire dans des logiques de « coopération » et de « mutualisation » des moyens entre établissements d’un même groupement hospitalier de territoire (GHT).
Dix ans après leur création, la ministre a d’ailleurs appelé à un « acte II » des GHT, avec davantage de coordination territoriale de l’offre de soins.
Au-delà des investissements immobiliers, Stéphanie Rist a défendu une transformation plus large de l’organisation hospitalière. Elle réunira prochainement un comité stratégique national associant acteurs publics et privés afin de réfléchir aux évolutions du système de santé.
La ministre souhaite notamment accélérer les « alternatives à l’hospitalisation complète » (développement de l’ambulatoire, de l’hospitalisation à domicile (HAD) et de l’hébergement temporaire non médicalisé (HTNM), structures d’accueil pour les patients ne nécessitant pas une hospitalisation classique.
Transition démographique comme grande cause nationale
Stéphanie Rist a également plaidé pour « l’ouverture » du système hospitalier sur « son environnement extérieur », notamment en matière de réponse aux demandes de téléexpertise de la médecine de ville.
Enfin, elle a annoncé une mission prochaine, confiée à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et à « des personnalités qualifiées » (sous toutefois préciser lesquelles), sur la situation financière des cliniques privés, confrontées selon elle à des « tensions financières croissantes ».
En préambule, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Arnaud Robinet, a lui, articulé son discours autour des thématiques de « longévité », appelant à une « loi de programmation pour bâtir la société de la longévité ».
À ce titre, « la transition démographique doit être la grande cause nationale 2027 », et même celle « du prochain quinquennat », a-t-il estimé.
Avec AFP