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Poursuivi notamment pour faux, usage de faux et escroquerie à l’Assurance maladie, l’homme est accusé d’avoir dérobé 523 ordonnances vierges lors de stages effectués dans des structures de santé - cabinets et hôpitaux - de plusieurs départements, rapporte Le Progrès.
Lors d’une perquisition à son domicile, les enquêteurs ont également découvert des ampoules de kétamine et de Valium, ainsi que de la résine de cannabis.
Une agression simulée
L’enquête a été déclenchée en avril 2024 après que l’interne ait affirmé s’être fait agressé. Dépêchés sur place, les secours avaient alors constaté des blessures incompatibles avec un acte de défense.
Entendu par les enquêteurs, l’interne avait finalement avoué avoir simulé cette agression, et qu’il avait en réalité tenté de mettre fin à ses jours.
À l'hôpital, son supérieur, au courant de la situation, lui pose un ultimatum : une prise une charge adaptée, ou un stage invalidé.
Par la suite, la CPAM a identifié au moins 18 auto prescriptions de médicaments classés sur les listes des substances psychotropes et anxiolytiques.
Trente mois de prison requis
À l’audience, le prévenu a reconnu s'être autoprescrit des anxiolytiques, affirmant qu'il s'agit-là d'une pratique « courante parmi les internes ». Il a toutefois assuré que ces prises visaient à « arrêter [son] anxiété et […] permettre de dormir », et a nié toute consommation à des fins récréatives, relate Le Progrès.
L’interne a également affirmé que son état n’avait jamais affecté sa pratique médicale, un point mis en doute par le ministère public.
La procureure a estimé au contraire que l’interne avait « foulé aux pieds les valeurs du serment d’Hippocrate », soulignant la gravité des faits, incluant vols, faux et escroquerie.
Le parquet a requis une peine de trente mois d’emprisonnement, dont dix-huit avec sursis, ainsi qu’une interdiction d’exercer une profession médicale ou paramédicale pendant cinq ans.
La défense a plaidé la prise en compte de la situation personnelle du prévenu, mettant en avant ses 144 jours de sevrage et des évaluations positives de certains maîtres de stage.
« Il ne conçoit pas son futur sans médecine », a insisté son avocate, affirmant que son client « n’est pas un trafiquant ». Le tribunal rendra sa décision le 23 avril.
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