Vaccination antigrippale : les médecins mis à l’écart ?

Le SML (Syndicat des médecins libéraux) proteste contre la disparition du médecin des bons de vaccination antigrippale. Le syndicat accuse l’Assurance maladie de mettre à l’écart le médecin de l’injection vaccinale, ce qui serait « une violation des accords relevant de la convention médicale ».

Vous n'êtes pas sans savoir que la campagne de vaccination contre la grippe 2019-2020, qui va débuter le 15 octobre, sera marquée par la généralisation de la vaccination dans les officines par les pharmaciens. Désireux de multiplier les accès à la vaccination, le ministère de la Santé a progressivement élargi le nombre de professionnels pouvant pratiquer cet acte : les infirmiers, les sages-femmes et désormais les pharmaciens.
 
Malheureusement, ce partage de l’acte vaccinal n’a pas été discuté avec les syndicats médicaux, regrette le SML (Syndicat des médecins libéraux) qui s’interroge notamment sur « la question du retour d’information au médecin traitant », dans un communiqué daté du 25 septembre.
 
Autre problème « encore plus grave » souligné par le SML : « celui de la mise à l’écart du médecin de l’injection vaccinale ». Selon le syndicat, l’Assurance maladie adresse actuellement des bons de vaccination aux personnes particulièrement exposées aux risques de complications de la grippe (plus de 65 ans, patients atteints de maladies chroniques, etc.) dans lesquels « la « case médecin » a tout bonnement été supprimée du coupon de prise en charge de l’injection. N’y figurent désormais plus que le pharmacien et l’infirmier ».

Une situation inadmissible pour le SML qui considère que le fait d’écarter le médecin, et notamment le médecin traitant, de la vaccination est « une violation des accords relevant de la convention médicale ». La dernière fois que les pouvoirs publics avaient pris ce genre de décision remonte à l’épisode du H1N1 durant l’hiver 2008-2009, selon le syndicat qui rappelle que cela avait conduit « à détruire la confiance des patients dans le système vaccinal ».
 
Le SML enjoint donc l’Assurance maladie « à ne pas répéter les erreurs du passé et à agir de toute urgence » et lui demande d’adresser « immédiatement des bons rectificatifs aux patients concernés ».
 

Portrait de Julien Moschetti

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