"Urgence pour l’hôpital ": les intérimaires en ont marre d’être les boucs émissaires !

Dans son dernier plan pour sauver l'hôpital public, Agnès Buzyn s'en prend aux intérimaires avec fermeté. Leur syndicat lui répond sur le même ton. 

Dans son plan Urgences pour l’hôpital, décrié par une grande majorité d’hospitaliers, Agnès Buzyn affirme vouloir renforcer sa lutte contre le recours à l’intérim dans les hôpitaux. Dans sa communication, le ministère de la Santé ne mâche pas ses mots : « L’intérim médical s’est déployé depuis plusieurs années dans des conditions devenues insoutenables pour le système de santé et insupportables pour les équipes, ses établissements hospitaliers comme pour les équipes qui ont la charge d’en assurer le fonctionnement courant et continu ». 

Pour y mettre un terme, le ministère de la Santé souhaite actionner 3 leviers : contrôler de manière individuelle les intérimaires sur les niveaux de revenus perçus,  renforcer de manière législative l’encadrement de l’intérim, rendre les gardes dans les GHT beaucoup plus attractives d’un strict point de vue financier. 

Pour rappel, Agnès Buzyn avait publié en novembre 2017 un décret qui plafonnait la rémunération des rémunérations des intérimaires, ce qui équivalait, selon le SNMRH à une baisse de 30% de leur salaire. https://www.snmrh.com/actualite

Dans une lettre ouverte, le syndicat national des médecins remplaçants hospitaliers (SNMRH) rejette la crise de l’intérim médical, et plus globalement de l’hôpital, sur « l’incurie gouvernementale ayant entrainé une énorme dégradation de la qualité des soins ». Pêle-mêle, le SNMRH dénonce le « renouvellement insuffisant du pool des médecins dû à un numerus clausus trop restrictif, l’augmentation de la charge de travail dans nombre de spécialités… »

En gros depuis quarante ans, les pouvoirs publics ont fait en sorte de réduire l’offre de soins pour diminuer les dépenses de soins. Grossière erreur !!  « La conséquence directe de cette politique désastreuse conjuguée à un statut hospitalier peu attractif, à la reconnaissance professionnelle minimaliste, à l’éviction des médecins des postes de décision, à la fermeture des lits, à l’augmentation de la charge de travail et à la mise sous pression des équipes, a abouti au choix de l’intérim par de nombreux praticiens ». Et de défendre le travail fourni par les intérimaires, « souvent fidélisés dans les hôpitaux », qui ont « une meilleure gestion personnelle des emplois du temps » et sont de facto « moins à risque de burn-out que nos confrères titulaires ». Pas sûr que le message soit entendu par la ministre…

Les leaders du SNMRH devant la chambre disciplinaire du conseil de l'Ordre
Poursuivi devant la chambre disciplinaire du Conseil de l’Ordre par le ministère de la santé, deux médecins du SNMRH devrait passer en jugement le 14 janvier 2020. Pour rappel, le ministère de la santé avait porté plainte contre eux, en novembre 2018, après que le SNMRH a lancé une campagne de boycott des hôpitaux qui appliquaient le décret de novembre 2017 sur le plafonnement des rémunération des hôpitaux. Le ministère de la santé estimait qu’ils s’étaient rendus coupables de trois manquements à la déontologie médicale : une infraction au principe de moralité, une déconsidération de la profession de médecin et une promotion explicite du commerce de la médecine. Les médecins incriminés sont le Dr Linda Darrasse, présidente du SNMRH, le Dr Abdelaziz Hanaf, secrétaire général du SNMRH, et le Dr Christine Dautheribe, porte-parole du syndicat. Les deux médecins qui passent devant la chambre disciplinaire le 14 janvier sont Linda Darrasse et Abdelaziz Hanaf, la date de l'audience du Dr Christine Dautheribe n’étant pas connue. 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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