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Le rapport d’inspection définitif publié le 6 mai par l’ARS évoque des pratiques d’enfermement d’enfants et un recours à l’isolement jugé « usuel et banalisé » et dont la « traçabilité demeure insuffisante ».
Il fait suite à une première « mission d’inspection inopinée » de l’Agence régionale, en novembre, à l’issue de laquelle les services d’hospitalisation à temps complet de l’hôpital ont été fermés d’urgence le 27 février, une suspension toujours en cours.
Les 15 enfants et adolescents encore hospitalisés en février se sont vus proposer des solutions de prise en charge « adaptées », selon l’ARS.
Pour Estelle Habigand, secrétaire CGT de la Fondation Vallée, le document de l’ARS est « truffé d’erreurs et d’incohérences ». La syndicaliste regrette notamment que « le rapport mélange constamment (les) situations de protection avec l’idée d’un enfermement arbitraire ».
« Nous contestons la brutalité et la disproportion des décisions prises », a-t-elle déclaré lors d’un rassemblement regroupant des professionnels de santé, des représentants syndicaux et des élus de gauche.
« La fermeture simultanée de plusieurs unités a désorganisé les soins de manière massive », a déploré Estelle Habigand, réfutant l’idée que la Fondation Vallée soit « un lieu de maltraitance systémique ».
Un climat de défiance
La CGT du Val-de-Marne a affirmé à l’AFP, en marge du rassemblement, qu’un adolescent de 13 ans avait été placé à l’isolement dans une chambre de soins intensifs du service de psychiatrie pour adultes des Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne (HPEVM), à Saint-Maurice, imputant cette situation à la suppression de l’offre de soins sur le site de Gentilly.
Sollicités par l’AFP, les HPEVM n’ont pas confirmé cette information, invoquant « le secret médical auquel nous sommes tenus ».
La CGT, qui a demandé en avril à rencontrer l’ARS et formulé un recours hiérarchique auprès de la ministre de la Santé Stéphanie Rist, exige « la réouverture des 60 lits de pédo-psychiatrie fermés unilatéralement » à Gentilly au plus tard fin juin et « la réintégration du personnel dispatché sur l’hôpital Paul Guiraud ».
Plusieurs élus ont pour leur part estimé que la décision de l’ARS s’inscrivait dans un vaste mouvement de défiance visant la psychiatrie publique.
« Les groupes privés se jettent sur la psychiatrie, qui est en train de devenir un marché lucratif pour eux, et encore plus la pédo-psychiatrie », a considéré la députée LFI et éducatrice spécialisée en pédo-psychiatrie Élise Leboucher.
Par ailleurs, « la psychiatrie est attaquée par les lobbies d’une vision neuro-développementiste qui prétend tout résoudre avec des batteries de tests et des médicaments », a ajouté l’élue.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/pedopsychiatrie-publique-un-secteur-au-bord-du-precipice
Ouverte au XIXe siècle, la Fondation Vallée figure parmi les plus grosses structures pédo-psychiatriques de la région Ile-de-France.
Avec AFP
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