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Âgé de 71 ans lors de son départ à la retraite en 2021, le praticien avait quitté son cabinet de Saulnot sans parvenir à trouver de successeur malgré plusieurs années de recherches. Selon lui, des patients confrontés à des difficultés d’accès aux soins ont continué à le solliciter.
« Mes anciens patients ayant des difficultés à joindre leurs médecins, ils m’appelaient et j’intervenais », explique le généraliste à la retraite, pour France 3. Il affirme avoir été amené à établir des prescriptions notamment en cas d’urgence ou face à des résultats d’examens préoccupants.
Le praticien conteste vigoureusement les accusations portées contre lui : « Je suis traité comme un charlatan (…) je suis accusé parce que j’ai fait du bien autour de moi et j’ai rendu service », déclare-t-il.
Une plainte d’un confrère
L’affaire débute en mars 2025, lorsque Patrick Laine reçoit un courrier du conseil départemental de l’Ordre de Haute-Saône lui signalant une plainte déposée par un médecin du secteur. L’accusation porte sur des prescriptions réalisées alors qu’il était officiellement à la retraite.
Le dossier a été directement transmis à la chambre disciplinaire de Dijon, sans phase de conciliation préalable. Une procédure que le médecin dit avoir vécue difficilement : « Ça m’a profondément blessé (…) mais je veux laver mon honneur ».
Selon lui, son action relevait d’une démarche bénévole. « J’estime que j’ai pris soin des gens (…) pour avoir répondu bénévolement à des appels de détresse de patients qui n’arrivaient pas à joindre leur médecin », affirme-t-il, assurant n’avoir « jamais touché un centime » pour ces interventions.
Des prescriptions signalées à l’Assurance maladie
Le conseil de l’Ordre a également signalé ses prescriptions à la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de Haute-Saône. Environ 200 ordonnances étaient concernées, ce qui aurait pu conduire à réclamer aux patients le remboursement des soins pris en charge sur les 18 mois précédents.
Selon le praticien, l’Assurance maladie a finalement renoncé à récupérer ces sommes.
Depuis cet épisode, Patrick Laine assure avoir cessé toute prescription. Il dit toutefois continuer à aider certains anciens patients, notamment pour obtenir des rendez-vous médicaux.
Une vingtaine de personnes, dont des maires de communes voisines et d’anciens patients, doivent l’accompagner jeudi à Dijon pour lui témoigner leur soutien. Plus de 150 attestations de patients auraient également été transmises dans le cadre de la procédure.
Contactés par France 3, les conseils de l’Ordre des médecins de Haute-Saône, de Côte-d’Or et l’Ordre régional n’ont pas répondu.
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