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Une infirmière de bloc dit avoir surpris une première scène le 25 avril 2022, selon Ouest France : le chirurgien aurait introduit un doigt dans le vagin d’une patiente anesthésiée, alors qu’il se trouvait seul avec elle pendant un contrôle radio. La soignante affirme avoir observé une scène similaire le 11 mai, puis une troisième le 19 mai.
Ce jour-là, toujours selon Ouest-France, elle appelle une collègue pour confirmer ce qu’elle voit à travers la lucarne de la porte : « Tu vois ce que je vois ? » Les deux femmes disent alors assister à un nouveau viol, pendant une trentaine de secondes. Le Parisien rapporte une formulation proche : « Tu vois comme moi ? », suivie de la réponse d’une autre soignante : « Il lui met un doigt. »
L’alerte remonte ensuite à la hiérarchie de la clinique, puis au parquet du Mans, début juin 2022. Une enquête est ouverte. Les investigations conduisent à l’identification d’une quatrième patiente susceptible d’avoir été victime de faits similaires.
Des faits qui auraient été connus avant le signalement
Les auditions rapportées par Le Parisien décrivent un climat de sidération et de silence au sein du bloc. Il est évoqué une « puissante omerta au sein du milieu médical ». Sur une quinzaine de personnes entendues, au moins une dizaine auraient vu, cru voir ou entendu parler de gestes injustifiables attribués au chirurgien : pénétration digitale ou photographies des parties intimes de patientes endormies.
Ouest-France rapporte qu’une soignante a expliqué son silence en disant : « Mon cerveau a switché ». Une autre aurait invoqué le secret médical et le secret professionnel pour expliquer l’absence de signalement antérieur. Un troisième dit avoir observé un geste de pénétration digitale sur une patiente anesthésiée, sans en avoir alors « réalisé la gravité ».
Des photographies retrouvées dans le téléphone du chirurgien
Lors de sa garde à vue, le 5 décembre 2022, le praticien nie les viols et évoque des gestes médicaux mal compris par des infirmières inexpérimentées. Il explique notamment que les interventions sur le rachis nécessitent parfois de déplacer ou repositionner les patientes.
Mais les enquêteurs découvrent aussi, dans son téléphone portable, des photographies des parties intimes de femmes prises au bloc opératoire. Le Parisien cite l’ordonnance de mise en accusation, qui mentionne « de très nombreuses photographies de sexes féminins qui semblent être prises dans le cadre d’interventions chirurgicales ». Sur l’un des clichés, selon le suspect écarterait le sexe d’une femme pour en photographier l’intérieur.
Le médecin reconnaît avoir pris ces clichés sans le consentement des patientes, mais nie toute intention sexuelle. Il invoque un « projet artistique ». Le chirurgien affirme avoir voulu réaliser sa propre version de L’origine du monde de Gustave Courbet, car adepte de peinture « hyper réaliste ».
Un renvoi devant la cour criminelle contesté par la défense
Le 4 juin 2026, un juge du Mans a ordonné le renvoi du chirurgien devant la cour criminelle de la Sarthe pour quatre faits de « viols commis sur une personne vulnérable », ainsi que pour « atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image d’une personne présentant un caractère sexuel » et utilisation, conservation ou divulgation de ces images.
Le praticien, présumé innocent, conteste les faits. Son avocat, cité par Ouest-France, affirme : « Il a toujours contesté l’intégralité des faits qui lui sont reprochés de façon constante. » Contacté par Le Parisien, la défense rappelle aussi que son client « contestait les faits de viols ainsi que l’intégralité des faits de nature sexuelle qui lui sont reprochés ». Elle met en avant le fait que les accusations reposent sur des témoignages de tiers : « Ce ne sont pas les victimes qui ont témoigné, mais des personnes tierces, en l’occurrence les infirmières ».
La défense a interjeté appel du renvoi devant la cour criminelle. Une audience est prévue devant la chambre de l’instruction en septembre 2026.
Du côté des parties civiles, la décision de renvoi est accueillie comme une étape essentielle. Me Jonathan Proust, avocat d’une partie civile, déclare au Parisien : « Cette décision est un immense soulagement. Après des années d’attente, la justice considère qu’un procès doit avoir lieu. Leur seule attente demeure la manifestation de la vérité et la reconnaissance de leur souffrance. »
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