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Le lenacapavir, développé par le laboratoire pharmaceutique américain Gilead, est un traitement injectable contre le VIH qui ne doit être administré que deux fois par an.
Selon les experts, sa discrétion représente un progrès immense par rapport aux traitements nécessitant la prise d'une pilule quotidienne, notamment pour les femmes, qui peuvent ainsi se protéger tout en se soustrayant au regard parfois culpabilisant de leurs conjoints. Les études montrent qu'il réduit de 99,9 % le risque de transmission du VIH.
« Avec Gilead, nous avons un accord avec le gouvernement d’Afrique du Sud pour que ce médicament soit produit en Afrique du Sud dans les plus brefs délais », a annoncé Philippe Duneton, le directeur exécutif d'Unitaid, une organisation internationale visant à lutter à moindre coût contre les maladies dans les pays pauvres.
« C'est un pas très important », a-t-il jugé lors du Sommet franco-africain Africa Forward de Nairobi, car « investir dans la production régionale en Afrique des médicaments est absolument indispensable ».
L'enjeu avait été mis en lumière pendant la pandémie de Covid, lorsque les pays développés s'étaient largement réservé les doses.
Qui sera l'élu ?
Interrogé par l'AFP, Philippe Duneton a fait état d'un « accord de principe de Gilead » qui, selon lui deviendra définitif une fois que les autorités sud-africaines auront identifié le laboratoire qui fabriquera une version générique du lenacapavir, un appel d'offre ayant déjà été lancé.
« J'ai toute confiance en ce qui va arriver. (...) Ca prend des mois de discussions. Ca fait des années qu'on discute », a poursuivi le directeur exécutif d'Unitaid, questionné sur sa certitude quant au fait que l'accord de principe se traduira bien par un accord définitif.
Une fois le laboratoire sud-africain choisi, la production effective « va prendre un à deux ans, on espère », a encore jugé Philippe Duneton, pour qui cela va améliorer la « souveraineté » sanitaire du continent africain.
Cette annonce intervient alors que les pays africains, dont certains, comme l'Afrique du Sud, connaisssant de forts taux d'infection au VIH/sida, sont confrontés à des réductions de l'aide humanitaire mondiale, notamment des États-Unis, qui ont affecté des programmes de lutte contre la maladie.
Des alternatives également concernées
Le lenacapavir coûte actuellement autour de 28 000 dollars par an aux Etats-Unis. Mais des versions génériques du traitement, facturées environ 40 dollars l'année, devraient être disponibles à partir de 2027 dans plus de 100 pays via des accords passés par Unitaid et la Fondation Gates - du cofondateur de Microsoft Bill Gates - avec des entreprises pharmaceutiques indiennes.
Le laboratoire américain Merck, ou MSD, qui développe un autre traitement du VIH se prenant en comprimé, une fois par mois, et dont le coût ne représente « qu'une fraction » de celui du lenacapavir, a également donné son « engagement formel » pour que ce médicament soit « fabriqué en Afrique », a par ailleurs annoncé Philippe Duneton.
Le ténofovir, premier médicament majeur de lutte contre le sida, avait mis « douze ans » pour arriver en générique en Afrique, et son successeur, le dolutégravir, avait pris « six ans » pour faire le même chemin après sa validation par les autorités américaines, a-t-il observé. Et de souligner: « il nous a fallu un an » pour que le lenacapavir soit administré aux Africains.
« Avec l'accord que nous avons avec MSD, on aura zéro jour (de battement, NDLR). Le jour où ça sera approuvé aux Etats-Unis, ça sera aussi approuvé en Afrique », s'est-il félicité.
Avec AFP
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