Téléconsultation, fausse bonne idée ? Un décès relance le débat

La télémédecine a-t-elle été la cause de la mort de ce quadragénaire ? C’est la question qui sous-tend la plainte qui a été déposée par la famille de la victime.

Un drame, suivi d’un débat. Le 20 avril dernier, un homme de quarante ans décède dans l’Isère. Une disparition survenue sept jours après que le défunt ait sollicité une téléconsultation. Dénonçant par la voix de son avocat une « erreur médicale » induite par la médecine à distance, la famille a déposé plainte contre X pour « homicide involontaire » ce 26 avril et souhaite relancer le débat sur l’usage de la télémédecine.

C’est au 20 avril 2020 que remonte ce drame. Sur son lit d’hôpital, Jean-Christophe Allemand décède d’une « banale décompensation diabétique », selon les mots de Maître Gerbi. Sept jours auparavant, le quadragénaire souffrant d’un cancer et d’obésité avait pourtant pris rendez-vous à distance avec une médecin. Après avoir écouté son patient indiquer qu’il souffrait d’ « une soif abondante, une langue blanche et une fatigue depuis plusieurs jours », la professionnelle lui diagnostique « un champignon sur la langue, quelque chose d’assez banal ». L’avocat de la famille assure pourtant qu’une « simple prise de sang » aurait suffit à détecter la pathologie qui a causé la mort de Jean-Christophe.

Une sortie qui relance le débat sur la pertinence de la médecine à distance. L’avocat a en effet pointé du doigt « un interrogatoire (à distance) incomplet » de la médecin. Selon la compagne de la victime présente lors de cet échange, la consultation a été dominée par des questions « très centrées sur les symptômes de la Covid-19 ». Le père de la victime, décédé depuis, a quant à lui écrit au Président de la République pour signaler le décès de son enfant « suite à un mauvais diagnostic », incriminant au passage directement l’usage de la téléconsultation.

« Au delà de ce décès se pose la question de l’usage de cette téléconsultation [qui n’est] pas valable pour tous les patients », a indiqué Maître Gerbi, avant d’appeler de ses voeux un débat à propos de l’usage de cet outil dans les rangs du Conseil de l’Ordre des Médecins. Affaire à suivre ?

Portrait de Julia Neuville

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