Téléconseil médical : « On est des pionniers »

Le téléconseil médical est en plein boom : peu de patients se paient directement ce type de service, mais de nombreuses mutuelles ou entreprises l’offrent à leurs clients ou à leurs employés. Rencontre avec deux acteurs d’un secteur controversé.

 

Pour certains, c’est le ver de l’uberisation dans le fruit de la pratique médicale. Pour d’autres, c’est la médecine du futur. Le moins que l’on puisse dire est que le téléconseil suscite des avis tranchés. What’s up Doc est parti à la rencontre des boîtes qui proposent ce genre de services.

« Nous avions remarqué que dans nos cabinets, nous recevions de plus en plus de sollicitations par mail ou par téléphone », raconte le Dr Frédéric Dussauze, co-fondateur de Médecin Direct, l’une des plateformes les plus abouties sur le marché. « Nous nous sommes donc organisés pour faire face à ce nouveau besoin ».

Concurrence

Un besoin qu’il faut bien différencier de la téléconsultation : contrairement à cette dernière, le téléconseil ne donne lieu ni à un diagnostic, ni à une prescription. Ce qui n’empêche pas la demande de croître, si l’on en juge par les nouvelles start-ups qui se lancent chaque année dans le secteur.

Avec ses cinq ans d’ancienneté, Médecin Direct fait en effet presque figure de vétéran sur ce marché. De nouveaux acteurs tentent déjà de paraître encore plus innovants. « A la différence de ce qui se passe sur toutes les autres plateformes, nos utilisateurs sont mis en relation avec un médecin en 3 minutes, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 », annonce par exemple fièrement le Dr Jean Spalaïkovitch, co-fondateur du jeunot Medaviz (18 mois d’ancienneté).

Le médecin vaut 1,4 euro la minute

Le recrutement  des médecins se fait principalement parmi des praticiens installés qui répondent aux questions quand ils ont un trou dans leur emploi du temps. Le mode de rémunération varie selon les entreprises : 1,4 euro la minute plus un forfait pour la garde chez Medaviz, contre 69 euros par heure travaillée chez Médecin Direct. « Cela correspond à trois C, soit à peu près ce qu’un généraliste fait dans son cabinet en une heure », commente Frédéric Dussauze.

Les deux responsables contactés par What’s up Doc sont d’accord : les médecins qui travaillent pour eux ne font pas cela (principalement) pour l’argent. « Ils ont conscience d’être des pionniers, ils savent que ce sera une part de leur quotidien dans un futur proche », explique Frédéric Dussauze. Même vocabulaire du côté de Medaviz. « C’est une équipe de pionniers qui est consciente de faire partie d’une aventure », veut croire Jean Spalaïkovitch.

Les ambitions malgré les controverses

Et pourtant, le téléconseil est sous le feu des critiques : dans un rapport paru au mois de février, le Conseil de l’Ordre fustigeait par exemple son développement dans le secteur marchand. Mais qu’on le veuille ou non, les entreprises qui se développent actuellement ont de grandes ambitions.

« Nous travaillons avec 50 professionnels pour l’instant, mais nous espérons rapidement monter à 150 et recruter des temps plein », annonce Jean Spalaïkovitch. « Nous n’attendons plus que quelques autorisations pour basculer du téléconseil vers la télémédecine », déclare pour sa part Frédéric Dussauze.

Il semblerait donc bien que les « pionniers » du téléconseil se soient lancés à la conquête du monde de la santé.

 

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