Spécialiste peaux noires apprécié

Qui l’eût cru ? Il semblerait que même à Paris, les temps soient durs pour trouver un remplacant. La preuve avec Camille Fitoussi, dermatologue spécialiste de la peau noire qui partage depuis 30 ans un cabinet porte des Lilas. L’ambiance y est familiale et accueillante. Seule ombre au tableau ? Elle part bientôt en retraite et aucun successeur ne pointe à l’horizon…

What’s up Doc. Cela fait 30 ans que tu t’occupes de la peau de tes patients, et tu es très impliquée dans le métier. Un petit pincement au cœur à l’idée de partir ?

Camille Fitoussi. Un gros même. J’adore mon métier et mes patients. Mais il faut savoir prendre sa retraite. Et celui qui va me remplacer aura la chance d’avoir une patientèle faite de gens adorables, essentiellement des carnations noires !

WUD. Comment es-tu devenue spécialiste des peaux noires ?

CF. Le bouche à oreille et une pincée de hasard. Mon chef de service est venu me voir un jour en me disant : « Camille, vous qui avez la tchatche, vous ne voulez pas répondre à un reporter qui fait une enquête pour parler de la peau noire ? » J’ai répondu, l’interview est passée sur Tropic FM… et ça a fait un carton ! L’effet de bouche-à-oreille m’a amené ces patients, et grâce à eux j’ai appris tout ce que je sais aujourd’hui ! J’ai mis sept ou huit ans à comprendre comment ça fonctionnait (rires).

WUD. L’écoute semble être un critère important pour toi…

CF. C’est indispensable ! Il faut avoir une certaine empathie, une écoute des patients sur leurs habitudes cosmétiques, sur leurs habitudes de vie, tout simplement ! Il faut avoir envie de les connaître, comprendre la façon dont ils vous expliquent les choses, c’est vraiment toute une approche.

WUD. Celui qui te succédera devra donc être une oreille attentive ?

CF. Il faut qu’il soit patient, et qu’il soit passionné. Pendant 30 ans, j’ai créé de vrais liens avec mes patients, ils viennent aussi nous voir parce qu’ils savent que nous sommes à leur écoute et que nous ne chronométrons pas nos consultations. C’est passionnant de discuter avec eux. Si mon successeur a le même enthousiasme, il sera comme un poisson dans l’eau !

WUD. Et niveau finances, comment ça se passe ?

CF. C’est très simple : le cabinet est vraiment livré clé en main. Notre compta est totalement clean, et nous sommes propriétaire des locaux. Je pense qu’il serait mieux d’accueillir pour nous un praticien en secteur 2. Le loyer et les charges à payer à l’Ursaff ne seraient pas gérable en secteur 1. Je suis d’ailleurs tout à fait disposée à céder ma patientèle pour un prix très raisonnable. Sincèrement, un médecin qui viendrait s’installer serait accueilli comme un roi (rires) !

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Camille Fitoussi travaille au sein du groupe Charcot au 256 rue de Belleville à Paris. Le groupe souhaiterait qu’un dermatologue reprenne les rênes, mais tout autre praticien candidat est le bienvenu. Ils recherchent également un gynécologue, un cardiologue, un pédiatre, et deux kinésithérapeutes.

Portrait de Johana Hallmann
article du WUD 30

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