On souhaite un bon mandat à ces nouveaux maires-médecins

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Périgueux, La Roche-sur-Yon, Sanary… Le second tour des élections municipales a vu hier de nouveaux médecins conquérir des mairies, aussi bien dans de petites communes que dans des villes moyennes. Tour d’horizon. 

 

On souhaite un bon mandat à ces nouveaux maires-médecins

De gauche à droite, le Pr Philippe Heno (Sanary-sur-mer), le Dr Romain Bassis (La Roche-sur-Yon) et le Dr Michel Cadet (Périgueux) © DR

À Périgueux, la ville la plus peuplée du Périgord, un nouveau maire s’installe, et c’est un médecin tout juste retraité. Michel Cadet, généraliste à la tête d’une liste divers droite, a été élu avec plus de 53% des voix face au maire socialiste sortant, Emeric Lavitola, en fonction depuis la démission de Delphine Labails, en avril dernier. 

Enfant de la région, le Dr Cadet a exercé pendant 35 ans en tant que médecin généraliste dans la ville, où il a notamment fondé un centre médical. Conseiller municipal d’opposition depuis 2020, il a pris sa retraite professionnelle à la fin de l’année 2025 pour se lancer dans la course à la mairie. 

Dans son programme, la santé ne figure pas parmi les priorités clairement affichées. Elle est abordée de manière générale, à travers la mention : « faciliter l’accès aux soins et renforcer l’autonomie », sans que les mesures concrètes ne soient détaillées. 

Un jeune médecin engagé en Vendée 

Avec 51% des suffrages, le Dr Romain Bossis, jeune généraliste de 36 ans, est élu maire de La Roche-sur-Yon, préfecture de Vendée qui compte près de 55 000 habitants. Sa liste d'union de la gauche reprend la ville à la droite, qui la dirigeait depuis 2014. 

Exerçant en MSP, Romain Bossis est impliqué de longue date dans les enjeux de santé territoriale. Engagé à l’URML des Pays de la Loire pendant son internat, il siège également au conseil territorial de santé, où il travaille sur l’attractivité du territoire pour les jeunes médecins.

Le généraliste compte d’ailleurs orienter son mandat vers l’accompagnement des étudiants et internes, en particulier sur les questions d’hébergement, ainsi que sur le développement des stages.

D’autant qu'une première année de médecine doit ouvrir en septembre dans la ville. « Je porte ce projet depuis dix ans (…) c’est moi qui l’ai présenté au conseil de territorial de santé », a-t-il confié à France 3

Le médecin n’est pas non plus un novice de la politique. Fils de psychiatres, il s’engage chez les Jeunes socialistes dès ses premières années d'études de médecine, participant notamment à la campagne de Pierre Regnault en 2014.

Il a par ailleurs indiqué qu'il continuerait d’exercer la médecine au cours de son mandat, à raison de « deux demi-journées de consultation par semaine ».

À Sanary, un cardiologue aux commandes

Le Pr Philippe Heno, professeur de cardiologie, est le nouveau maire de Sanary-sur-Mer (Var). Avec 46 % des suffrages exprimés, sa liste « Nous Sanaryens » (divers droite) devance largement les deux autres listes de droite.

Cardiologue installé depuis une quinzaine d’années, il siège au conseil départemental de l’Ordre des médecins et au sein de la CPTS Var Ouest.

Sur le volet santé, il entend prioritairement soutenir les professionnels déjà installés et renforcer l’attractivité du territoire (places réservées, tarifs d’abonnement professionnels…), avant d’envisager l’ouverture de nouvelles structures.

Défaites marquantes

Tous les médecins candidats n’ont pas connu le même succès, à commencer par l’ancienne ministre de la Santé Geneviève Darrieussecq, à la tête d’une liste centriste. Avec un peu moins de 20% des voix, l’allergologue arrive troisième à Mont-de-Marsan (Landes), derrière le PS et la droite, et se contentera d’une place, sur les quatre décrochées, au conseil municipal. 

Pas de mairie de non plus pour le Dr Guillaume Barucq (divers centre) à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), malgré son alliance avec la candidate de gauche Ana Ezcurra. Leur liste commune obtient 26% des voix (4 sièges), derrière l’ex rugbyman Serge Blanco (centre) et la maire sortante (divers-droite) Maïder Arosteguy. 

À Castres (Tarn), le gériatre Guillaume Arcese s’incline également. Sa liste centriste, arrivée deuxième avec 23 %, obtient cinq sièges, dans une ville qui bascule à l’extrême droite après 25 ans de gestion par la droite.

Enfin, à Vénissieux, le Dr Pascal Dureau, généraliste, se contentera lui-aussi d’une place au au conseil municipal. Sa liste centriste arrive troisième, derrière l’insoumis Idir Boumertit et la maire communiste sortante Michèle Picard.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/municipales-2026-deja-des-medecins-elus-maires-et-beaucoup-de-qualifies-au-second-tour

À noter également que plusieurs médecins ont aussi été élus, çà et là, dans des petites communes. Mention spéciale au Dr Charly Crespe au Grau-du-Roi (Gard), au Dr Denis Bertolaso à Tonneins (Lot-et-Garonne) et au Dr Paul Le Meut à Vezin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine). 

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