Si-Vic : le SNJMG interpelle la ministre

Le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) interpelle Agnès Buzyn à propos du fichage des gilets jaunes (logiciel SI-VIC) dans les services d'urgences hospitalières.

Nouveau rebondissement dans « l’affaire Si-VIC ». La semaine dernière, une centaine de médecins signaient une tribune appelant au « devoir de désobéissance éthique » contre l’utilisation du fichier Si-Vic lors de manifestations de gilets jaunes. C’est désormais au tour du Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) d’interpeller les pouvoirs publics à propos de patients qui auraient été fichés dans des services d'urgences hospitalières.
 
Le syndicat s’en prend à Agnès Buzyn qui a déclaré le 10 mai : « Il n'y a en aucun cas de fichage, je me fiche de savoir si ce sont des manifestants, des forces de l'ordre, des journalistes ou des passants ». Sauf que… « en pratique, les civils sont inscrits dans la procédure Si-Vic sous leur identité et les forces de l'ordre avec un numéro d'anonymisation, ce qui permet facilement de faire la distinction entre les deux », rappelle le SNJMG.

La gestion de l’afflux de patients légale ?

La ministre a également précisé que la procédure Si-Vic « est un système purement administratif qui permet de repérer les victimes et de mieux les orienter pour que par exemple un service d'urgences ou de chirurgie ne soit pas débordé par toutes les victimes qui arriveraient d'un coup (...) Donc c'est un système qui permet de mieux organiser le secours en cas d'afflux en masse de victimes ».
 
Or, pour le SNJMG, s’il est concevable que la procédure Si-Vic puisse assurer une meilleure gestion de l’afflux de patients, « il n’en est pas moins vrai que ce putatif intérêt ne figure pas explicitement dans les objectifs légaux de la procédure Si-Vic : seuls le dénombrement, l’identification et le suivi des patients sont précisés ». Et d’ajouter : « D’ailleurs, si c’était le principal objectif de cette procédure, comment la ministre de la Santé pourrait-elle accepter que le CHU de Toulouse ne l’ait jamais utilisé malgré les consignes de l'ARS d’Occitanie (deux demandes en décembre 2018) ? »

Un seul cas de dérive ?

Enfin, le syndicat est revenu sur les propos de la ministre qui dit attendre les résultats d’enquête sur les possibilités de « dérive » dans l’utilisation de la procédure SI-VIC. Si le SNJMG « ne peut qu’approuver cette retenue », il « s’étonne d’entendre la ministre poursuivre son discours en affirmant qu’il n’y a eu qu’un seul cas de dérive dans un seul hôpital de l’AP-HP et dans le cadre d’une seule manifestation… ».
 
Le SNJMG exige donc des réponses à ses questions sur cette affaire car « il en va de la santé publique et de la démocratie ».

Portrait de Julien Moschetti

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