Salle de sport en open bar pour le personnel de santé anglais

Une initiative du NHS pour améliorer la santé des soignants

« Pratiquez une activité physique régulière et veillez à avoir un régime alimentaire équilibré ». Voilà un conseil que les médecins sont habitués à prodiguer à leurs patients. Dans le cadre de certaines expériences pilotes, l’activité sportive a même réussi à se frayer un chemin sur les ordonnances, et peut être prescrite comme un médicament.

Mais s’appliquer la fameuse injonction à soi-même, trop peu de médecin y pensent. Un problème auquel Simon Stevens, le patron du NHS (le système public de santé anglais), a décidé de s’attaquer. Dans sa ligne de mire : les 2,4 milliards de livres (environ 3,3 milliards d’euro) que son organisation perd en arrêts maladie tous les ans.

Lors d’une conférence sur l’innovation organisée la semaine dernière à Manchester, Simon Stevens a donc un plan de 5 millions de livres (environ 5,8 millions d’euros) pour offrir au personnel de santé des cours de zumba ou de yoga, mais aussi des services de counseling pour ceux qui souffrent de stress ou carrément de burnout, et de nombreuses autres offres qui partagent un objectif commun : maintenir le personnel de santé en forme.

« Le travail accompli par le NHS pour s’occuper de son propre personnel n’a parfois pas été aussi bon que celui que nous demandons au personnel d’accomplir pour s’occuper des patients », a déclaré le directeur du NHS à la BBC.

Autre cheval de bataille de Simon Stevens : la nourriture que le personnel trouve dans les établissements. Les sous-traitants doivent « éliminer la malbouffe des hôpitaux et offrir des alternatives saines et abordables à la place », enjoint-il dans le « Mirror ».

L’initiative a, et c’est assez rare pour être remarqué, été bien accueillie par les syndicats. « S’attaquer aux problèmes de santé physique et mentale est important, et cela constitue un pas dans la bonne direction car cela aidera à combattre l’une des principales causes de stress au travail », a ainsi déclaré au « Mirror » Christina McAnea, la responsable santé du syndicat Unison.

Certains crieront au « nanny-state », pour employer une expression britannique. Mais franchement, qui n’a jamais eu envie de répondre « bof » à un patient qui demandait innocemment « comment allez-vous docteur » ?

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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