Rentrée 2026 : jusqu’à 11 000 euros pour commencer médecine, alerte l’ANEMF

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Vous les voyez arriver chaque année en stage, un peu perdus, cinq demi-journées par semaine sans interruption estivale. Ce que vous voyez moins : la facture qu'ils ont dû régler pour en arriver là. L'ANEMF publie son indicateur 2026 du coût de la rentrée, et le chiffre qui frappe n'est pas nouveau, mais il continue de grimper, jusqu'à 9 597 euros en PASS, 7 627 euros en LAS, près de 6 000 euros en DFASM1.

Rentrée 2026 : jusqu’à 11 000 euros pour commencer médecine, alerte l’ANEMF

© Midjourney x What's up Doc

Un étudiant non boursier, hors domicile familial, qui rentre en PASS cette année doit trouver en moyenne 9 597,31 euros. En LAS, 7 627,25 euros, une hausse de 11,10 % sur un an, la plus forte des trois paliers mesurés par l'association. En DFASM1, 5 998,97 euros, +2,52 %.

Et la géographie n'arrange rien : en Île-de-France, la note grimpe à 11 073 euros pour un PASS, contre 8 814 euros ailleurs. Deux France de la médecine, dès la première année.

Les prépas privées, le vrai poste qui plombe le budget

Ce n'est pas le loyer qui creuse le plus l'écart. C'est la préparation aux concours. 6 579 euros en moyenne nationale pour le matériel pédagogique avec recours aux organismes privés en PASS ; 3 975 euros en LAS. Les tutorats étudiants, eux, pèsent quelques dizaines d'euros. L'ANEMF y voit, à raison, un problème d'égalité des chances, et demande aux universités de muscler leurs tutorats plutôt que de laisser le privé combler le vide.

219 euros net par mois : le chiffre qui devrait vous arrêter

Vous le savez déjà en tant que praticiens hospitaliers, mais il mérite d'être répété noir sur blanc : vos externes de DFASM1 touchent environ 219 euros net par mois pour leurs stages, 2,76 euros net de l'heure, selon le calcul de l'ANEMF. À titre de comparaison, la gratification minimale légale pour un stagiaire de l'enseignement supérieur est fixée à 4,50 euros de l'heure depuis le 1er janvier 2026. L'écart n'est pas symbolique.

L'association réclame un alignement pur et simple sur cette gratification de droit commun, ainsi que l'extension aux externes de la revalorisation de 50 % des gardes, déjà appliquée, selon le dossier, aux internes et aux médecins.

Rappel utile pour situer l'enjeu : ces étudiants sont en stage obligatoire cinq demi-journées par semaine, lissées sur trente-six mois, sans coupure l'été. Les bourses sur critères sociaux, elles, ne couvrent que dix mois.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/revenus-des-medecins-liberaux-les-specialites-qui-payent-le-mieux-et-le-moins-bien

Se former loin de son CHU coûte aussi cher

Stages périphériques, service sanitaire, déplacements : la territorialisation de la formation a un prix que les étudiants avancent souvent de leur poche, avec des remboursements que l'ANEMF juge trop lents. L'association veut étendre l'indemnité d'hébergement de 150 euros brut — aujourd'hui réservée aux stages ambulatoires en zone sous-dense — aux stages hospitaliers, revaloriser l'indemnité de transport, et garantir un accès à des tarifs de restauration comparables au Crous quand celui-ci est hors de portée.

Les étudiants hors UE, les plus exposés

Le dossier pointe enfin une bascule spectaculaire pour les étudiants extra-communautaires : les droits d'inscription passent de 178 à 2 902 euros en PASS/LAS, et de 255 à 3 950 euros en DFASM1, plus de 1 400 % d'écart. L'ANEMF s'oppose frontalement à cette différenciation, qu'elle juge porteuse de précarité supplémentaire, malgré des exonérations votées par certaines universités.

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