Prescription médicamenteuse : des Cercles de qualité vertueux

Améliorer la pertinence des prescriptions de médicaments, leur bon usage, leur sécurité et leur efficience médico-économique : tels sont les objectifs des Cercles de qualité médecins-pharmaciens, expérimentés depuis mars 2019 dans plusieurs territoires.

L'expérimentation est portée par l’Unité Mixte de Développement Professionnel Continu en Santé (UMDPCS) de l’université de Bourgogne, en partenariat avec le Laboratoire d’Economie de Dijon (LEDi) et l’organisation pharmaSuisse. Le dispositif, qui vise d'abord à renforcer le lien entre médecins et pharmaciens, a été initié il y a une vingtaine d'année en Suisse, où il a fait ses preuves.

Evaluer et améliorer les pratiques 

Les « Cercles de qualité » sont des équipes de 5 à 15 professionnels d'un même territoire. Coordonnés par des pharmaciens-animateurs, ils se réunissent 3 à 4 fois par an (pendant 2 heures environ) afin d'échanger sur leurs pratiques, et de les confronter aux dernières données scientifiques, cliniques et thérapeutiques. Une douzaine de pharmaciens-animateurs et 50 médecins exerçant en milieu urbain, rural et semi-rural, accompagnés d'économistes de la santé et de sociologues, ont d'ores et déjà constitué 9 équipes.
 
L'objectif poursuivi est d'établir un consensus de pratiques pour optimiser la prise en charge des patients et les parcours de soins. Chaque réunion se déroule autour d'un thème prédéfini : antibiotiques, antalgiques/anti-inflammatoires, médicaments du tractus gastro-intestinal... Les retours d'expérience permettent d'évaluer la pertinence des pratiques et des mesures proposées. 

Pertinence médico-économique des prescriptions 

Alors que le coût du mésusage des médicaments est estimé à plus de 10 milliards d'euros (d'après les chiffres d'un rapport remis au Ministère de la Santé en 2013), et qu'il serait responsable de plus de 10 000 décès par an (130 000 hospitalisations et près de 1,3 millions de journées d'hospitalisation), cette nouvelle initiative semble tomber à pic.
 

Car en améliorant les pratiques de prescriptions médicamenteuses, un des objectifs poursuivis est d’optimiser leur efficience médico-économique : éviter les dangers liés aux mauvaises utilisations de médicaments (hospitalisations, décès, ...) et limiter les coûts liés à la sur-prescription pour la Sécurité Sociale. 

Optimisation et coordination des parcours de soins 

Les neuf sites sur lesquels sont menés l'expérimentation sont les suivants : Paris-13, Millesoins (19), Chenôve (21), Saint-Seine-l’Abbaye (21), Arnay-le-Duc/Pouilly-en-Auxois (21), Grenoble (38), Besançon (39), Tournus (71) et Migennes (89).
 
Situés majoritairement en Bourgogne, ils sont représentatifs des différentes organisations en soins primaires : exercice non coordonné ou coordonné en Maison de Santé Pluridisciplinaire (MSP), pôles de santé et communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Grâce à cette diversité des exercices, les conclusions des Cercles de qualité doivent permettre d'améliorer globalement les liens entre médecins et pharmaciens, ville et hôpital.
En organisant l’échange sur les pratiques, l’évaluation des organisations et en s’assurant de la limitation des éventuels surcoûts, les Cercles réfléchissent aux soins les plus « justes » possibles pour le patient.. Une approche opérationnelle qui rejoint la notion de valeur en santé et participe à l’optimisation des parcours de soins, conformément aux grands objectifs définis par le Ministère de la Santé dans le cadre de la réforme Ma Santé 2022.
 
Les résultats de ces réunions devraient être connus en 2021. Si le succès est au rendez-vous, l'expérimentation sera alors prolongée à une plus grande échelle.
 

Portrait de WUD
Par WUD

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