Pr Claude Jasmin : une figure de la cancérologie disparaît

La lutte contre le cancer perd un de ses soldats

Cancérologue et hématologue, ancien directeur de recherche à l'Inserm et fondateur de l’association « Vaincre le cancer », Claude Jasmin s’est éteint samedi dernier à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il avait 78 ans. La ministre de la Santé « gardera le souvenir d’un allié précieux dans la lutte contre le cancer. »

« Depuis des années, j’ai essayé de progresser dans l’écoute davantage dans un travail avec les patients qu’au sein de l’équipe. Il faut réaliser tout ce que le malade peut nous apprendre, et tenir compte de l’importance de cette attention dans la pratique médicale », confiait Pr Claude Jasmin dans une conversation avec son ami Emmanuel Hirsch, aujourd’hui directeur de l’Espace de réflexion éthique de la région Ile-de-France, le 15 mai 1992. 

Un père de l’oncogériatrie

« Homme de réflexion et de spiritualité », Claude Jasmin a démarré sa carrière à l'Hôpital Paul-Brousse (Villejuif) de l’AP-HP, comme chef de clinique d'hématologie, puis de cancérologie. Il apprend aux côtés du Pr Georges Mathé, disparu en 2010. Le Pr Jasmin fonde en 1987 l’association « Vaincre le cancer », qui a pour but de rassembler les compétences de différents spécialistes et d’unir leurs efforts dans la lutte contre le cancer.

Ces dernières années, il avait travaillé aux côtés d’Agnès Buzyn à l’Institut National du Cancer (INca). L’actuelle ministre de la santé en était la présidente entre 2011 et 2016. Lui y présidait le board d’oncogériatrie, discipline dont il était l'un des principaux promoteurs en France. Il portait ainsi la réflexion hexagonale sur les rapports entre vieillissement et cancer, avec le souci de l’approche multidisciplinaire.

« Un souci de progrès et de prudence »

C'est donc avec gratitude qu'Agnès Buzyn lui a adressé ce mercredi un hommage ainsi « qu’à sa contribution remarquable aux avancées de la recherche en cancérologie ». La ministre écrit qu'elle « gardera le souvenir d’un allié précieux dans la lutte contre le cancer ». Humaniste, le cancérologue voyait la médecine comme une prise en charge de la douleur physique, comme de la douleur sociale. Selon lui, l’une ne peut se dissocier de l’autre : le médecin soigne le corps et l’âme.

Auteur de nombreux ouvrages et articles scientifiques, le Pr Claude Jasmin évoquait dans sa dernière publication « La Planète Blanche, un nouveau monde de centenaires », aux Editions du Dauphin, avec les nouvelles découvertes médicales qui modifieront la vie des hommes sur la planète.

Visionnaire, il observait le développement des biotechnologies, celles qui portent le progrès médical. Mais toujours l’éthique au coeur. « À mes yeux, plus que jamais, science et conscience doivent rester liées, dans un souci de progrès et de prudence » confiait-il.

Source: 

Thomas Moysan

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