Pollution de l’air : le pigeon, nouvel allié du médecin

Un sac à dos, quelques capteurs, et volez jeunesse !

Ces derniers jours, les Londoniens ont vu apparaitre des pigeons d’un genre un peu particulier. Equipés de sacs à dos, les volatiles ont été lâchés par la start-up française Plume Labs, dans le but de mesurer la qualité de l’air. Un bon allié pour les médecins contre les maladies respiratoires !  

 

C’est un fait, l’air des grandes métropoles n’est pas des plus purs. Un constat que les médecins font régulièrement dans la prise en charge des patients sensibles aux pics de pollution. Un facteur de risque important que Londres essaie de mesurer plus finement en lâchant dans son ciel gris une escadre de pigeons équipée de capteurs censés mesurer dioxyde de carbone, et autres gaz peu sympathiques.

Beaucoup de fiente, peu d’informations

Car si le volatile est prompt à larguer ses matières fécales sur la tête du malheureux citadin, il est aussi plutôt véloce et se déplace dans toute la ville. Un avantage dont a voulu tirer parti Plume Labs, une jeune start up française, en proposant à Londres d’équiper une escadre de pigeons de sacs à dos bourrés de capteurs pour mesurer la qualité de l’air.

Alors coup de pub ou révolution écologique ? « L’idée d’avoir des pigeons au service de la mesure métrologique peut être extrêmement intéressante. Il va dans des endroits ou l’homme ne vas pas. » affirme le Professeur Jean-François Toussaint, président du groupe « adaptation et prospective » au Haut Conseil de la Santé Publique.

Seulement voilà, encore faudrait-il que le volatile mesure à une distance du sol raisonnablement basse, là où évolue l’humain.  « Nous avons déjà mené une étude similaire avec le concours de l’ADEME, mais avec des humains, pas des oiseaux. Le poids qu’ils peuvent porter permet de ramener les mesures de bien plus de gaz qu’avec des pigeons. »

Améliorer la qualité de l’air, améliorer la qualité de vie.

Au-delà de ce coup de pub somme toute salutaire, Jean-François Toussaint rappelle, que la qualité de l’air est un facteur étroitement corrélé aux problèmes de santé publique. « Nous avons une grande quantité de données sur les maladies respiratoires, ou les pathologies cardiovasculaires, surtout les pathologies aigues. On sait que ce sont celles qui réagissent le plus aux pics de pollution. Le nombre de passage aux urgences augmente significativement pour ces patients pendant les alertes à la qualité de l’air. »

Un phénomène que le corps médical enregistre de plus en plus et qu’il serait facile d’endiguer en restreignant la circulation des véhicules équipés de moteurs à combustion, souligne le PUPH.

L’expérience londonienne offre donc un nouvel angle au débat : si Facebook n’hésite pas à nous rappeler que les médecins ne sont pas des pigeons, le pigeon est-il lui, un médecin comme les autres ? Vous avez deux heures.  

Source: 

Johana Hallmann

Portrait de La rédaction

 

Vous aimerez aussi

Quand le vocabulaire sert l’obscurantisme
Non il ne s’agit pas de la « planète Marseille »
Le retour des politiques d’abstinence

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.