Pharmaciens, infirmiers : les propositions de transferts de compétences

Deux amendements à la loi de réforme du système de santé autorisent les pharmaciens à prescrire des médicaments et les infirmières de pratiques avancées à rédiger des certificats de décès.
 

Les amendements à la future loi de transformation du système de santé pleuvent – déjà plus de 1600 –, et nombreux sont ceux destinés à faire gagner du temps médical… Ou à combler un vide de médecins.
 
Dans cette optique, Thomas Mesnier, le député LREM de la Charente et rapporteur du projet de loi, avait annoncé il y a une semaine qu’un amendement serait proposé pour permettre aux pharmaciens la primo-prescription de certains médicaments. Chose promise, chose due. La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a adopté son amendement.
 

Thomas Mesnier VS Agnès Buzyn

 
Si le texte était voté en séance publique, il autoriserait les pharmaciens d’officine à « dispenser des produits de santé de premier recours pour des situations simples en suivant des arbres de décision bâtis entre pharmaciens et médecins », précise l’amendement qui crée un nouvel article dans le projet de loi. Un protocole fixé par la HAS leur permettrait de se passer d’ordonnance dès le 1er janvier 2020 pour le traitement de cystites et d’angines, par exemple.
 
La ministre de la Santé s’est dit réservée sur ce projet. Elle aurait préféré des expérimentations, dans le cadre de l’article 51, ou au minimum mettre en place une concertation sur le sujet avec les médecins.

 
Les IPA signent leur retour 

Autre profession de santé, autre amendement. Le député LREM de la Loire, le Dr Julien Borowczyk, a déposé un autre amendement pour faire face aux difficultés d’établissement de certificats de décès. « Or, l’enjeu éthique est important : les familles ne devraient pas attendre cet acte, qui détermine pourtant tout le processus d’inhumation et de deuil », a-t-il précisé dans l’exposé.
 
Il propose donc que les infirmiers de pratiques avancées aient la possibilité de les rédiger en l’absence de médecins. D’autres députés, plus déterminés, souhaiteraient même que tous les infirmiers puissent avoir cette possibilité.
 
Tous ces amendements seront soumis au vote des parlementaires à partir du 18 mars. Quels sont ceux qui tiendront le choc ? Les paris sont ouverts !
 
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

 

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