PH : L’heure des doléances

Mais chacun son serment

Début août, l’Inter-syndicat National des Praticiens Hospitaliers (INPH) ouvrait le bal des rencontres avec la ministre de la Santé. Pour les autres, ce sera son cabinet. Si les praticiens se rejoignent sur de nombreux sujets, le ministère a.k.a. le bureau des plaintes, en a goûté de toutes les saveurs.

L’INPH le 1er août, puis Avenir Hospitalier et la Confédération des Praticiens des Hôpitaux (CPH) réunis au sein d’Action Praticien Hôpital (APH) le 23, et enfin la Coordination Médicale Hospitalière (CMH) le 30. Les équipes d’Agnès Buzyn et la direction générale de l’offre de soins (DGOS) auront ce mois d’août rencontré la plupart des inter-syndicales représentatives des médecins hospitaliers.

Attractivité : même cap, différents gouvernails

Ce premier tour d’horizon aura permis aux syndicalistes de prendre leurs marques avec la nouvelle équipe et fixer les chantiers prioritaires à venir. Premier d’entre-eux, l’attractivité de l’exercice médical à l’hôpital. Les différentes sensibilités s’accordent à dire que le dernier plan proposé par Marisol Touraine avait des carences. Là où l’APH réclame un comité de suivi du plan pour mesurer son efficacité, la présidente de l’INPH Rachel Bocher - la première et la seule à avoir été reçu par la ministre - a évoqué « l’inquiétude » d’Agnès Buzyn en matière de démographie médicale « sur certaines spécialités tout au moins. »

Si le cabinet de l’avenue Duquesne s’engage dans ce marathon syndical, c’est aussi pour observer les forces en présence afin de préparer les élections professionnelles qui se tiendront au premier semestre 2018. Le but ? Renouveler les commissions statutaires nationales et les conseils de discipline dans chaque spécialité. Dans cette optique, l’APH souhaite se rapprocher d’un modèle copiant celui des organisations paramédicales, en disposant d’une représentation syndicale des PH dans les hôpitaux, notamment au niveau des CHSCT (1), et les GHT (2) dans le cadre de la conférence territoriale de dialogue social.

Opposition sur la représentation syndicale

La CMH elle, se dit opposée à « toute idée de calquer (sa) pratique syndicale sur celle des personnels paramédicaux de la fonction publique hospitalière ». Le Pr Buzyn devra trancher. Outre l’attractivité hospitalière et la cuisine syndicale, les représentants des PH ont évoqué le chantier du temps de travail. L’APH et la CMH ont rappelé l’unanimité des cinq inter-syndicales pour que « 24 heures de temps de travail soient comptabilisées à hauteur de 5 » et non 4 plages horaires.

Enfin, l’INPH a insisté « sur la rénovation nécessaire du statut des PH ». La ministre des Solidarités et de la Santé, bientôt appelée à mener le lourd chantier de la réforme des retraites, aura-t-elle envie de diviser les syndicats hospitaliers ? Si tel n’est pas le cas, la poussière sous le tapis du Pr Buzyn fera de la place pour les doléances médicales !

[MISE À JOUR] Le Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes, biologistes et pharmaciens des Hôpitaux publics (SNAM-HP) a rencontré, quelques jours après la publication de l'article, le cabinet de la ministre de la Santé. Contacté par What's up Doc, son président le Dr Sadek Beloucif attend beaucoup d'Agnès Buzyn. « Nous sommes très contents que ce soit une médecin universitaire », a-t-il déclaré. Le syndicat indique toutefois qu'il est opposé à la création d'une instance type CHSCT pour les PH à l'Hôpital public. Selon son président, les pouvoirs publics doivent s'emparer de la question de l'amélioration du statut de PH, notamment pour accompagner « le parcours du patient (qui) est désormais transversal, donc plus complexe. »

(1) CHSCT : Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail

(2) GHT : Groupements hospitaliers de territoire

Source: 

Thomas Moysan

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