Pénurie de médicaments : la feuille de route d'Agnès Buzyn

Le 8 juillet, le ministère de la Santé a lancé une feuille de route pour améliorer la disponibilité des médicaments, alors que les pénuries se multiplient.

Dernière en date : la pénurie de corticoïdes, qui a inquiété les patients et les professionnels de santé cette année. Les tensions d’approvisionnement sont de plus en plus visibles, à tel point qu’Agnès Buzyn a décidé de communiquer sur la mise en place d’une feuille de route 2019-2022 visant à les restreindre.
 
Les corticoïdes ne sont pas les seuls : « certains vaccins, certains antibiotiques, les antiparkinsoniens et certains anticancéreux » sont aussi touchés par les pénuries, annonce la ministre de la Santé dans un communiqué. « Une récente enquête réalisée par BVA pour France assos santé a montré que près d’un Français sur quatre s’est déjà vu refuser la délivrance pour cause de pénurie ». Les pénuries sont 20 fois plus importantes en 2018 qu’en 2008, ajoute-t-elle.

Information, prévention

La ministre propose quatre axes de travail. Le premier exige une transparence de l’information entre fournisseurs, distributeurs, pharmaciens et avec les patients, sur le modèle du module DP-ruptures du dossier pharmaceutique, qui informe les pharmaciens de ruptures d’approvisionnement. La construction d’un outil devra s’accompagner d’une communication renforcée contre la iatrogénie en cas de remplacement de produit, notamment via le site internet de l’ANSM qui devra faire peau neuve pour être plus accessible aux patients.

À lire aussi : Pénurie de corticoïdes : l’ANSM se veut rassurante

Le deuxième axe vise à assurer la pérennité de délivrance des traitements. Les pharmaciens seront ainsi autorisés, en cas de rupture de stock d’un médicament d’intérêt thérapeutique majeur, à le remplacer par un autre, dans un cadre défini par l’ANSM. Les plans de gestion de pénuries seront renforcés pour les labos déjà chopés par la patrouille de la rupture de stock, les appels d’offre multipliés, et les contrôles des distributeurs en gros accentués.

Tous ensemble

La gestion des stocks est désormais nationale, mais aussi internationale. Il faudra donc mettre en place une stratégie de gestion européenne, pour partager les informations et trouver des solutions en groupe. En cas de pénurie, mais aussi pour l’achat groupé de produits essentiels, comme les vaccins. Une manière de mettre un peu plus de pression sur les labos également, sans doute.
 
Sous la direction du ministère de la santé, une task force réunissant les différents acteurs (patients, labos, professionnels de santé, distributeurs, ANSM) sera formée pour piloter la mise en place des réformes.
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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