Négos conventionnelles : les dentistes montrent les dents

Moins d’un mois après la clôture des négos conventionnelles, c’est au tour des chirurgiens-dentistes de discuter avec l’Assurance maladie. L’effort financier sans précédent obtenu par les médecins libéraux en août affectera-t-il les débats ? Le point avec Catherine Mojaïsky, présidente de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD, principal syndicat de dentistes).

 

What’s up Doc. Commençons par un petit point pédagogique. Vos négos fonctionnent-elles comme celles des médecins ?

Catherine Mojaïsky. On est exactement dans le même cadre, à une nuance près : notre convention date de 2006. Elle a été tacitement reconduite en 2011, puis à nouveau cette année. Techniquement, nous sommes donc en train de négocier un avenant, et non une nouvelle convention.

WUD. Quels sont vos buts de négociation ?

CM. Notre objectif est extrêmement ambitieux : il s‘agit de changer la donne du financement des soins dentaires en France. Il faut savoir que 60 % des soins que nous prodiguons sont à tarif opposable, mais qu’ils ne représentent que 25 % de notre chiffre d’affaire. Ces soins de base (caries, etc..)souffrent de tarifs sous-valorisés. Les autres (prothèses, implantologie…) bénéficient au contraire de la liberté tarifaire, et ont au fil du temps pris une importance énorme dans notre activité. Ca ne peut pas durer comme ça. Il faut augmenter la rémunération de nos actes de base pour les rendre plus attractifs, et nous permettre de soigner le plus grand nombre avec les techniques les plus récentes.

WUD. Vaste programme, qui nécessite des fonds. Le fait que les médecins aient obtenu un effort financier significatif en août dernier est-il pour vous un signe d’espoir ou d’inquiétude ?

CM. Les médecins, c’est les médecins, et nous, c’est nous ! Il n’y a aucune raison que les médecins raflent la totalité de la mise. Les dentistes ne doivent pas obtenir moins, et ils peuvent même espérer plus ! Il semblerait d’ailleurs que l’Assurance maladie ait cette année la volonté d’aller de l’avant. Son directeur, Nicolas Revel, nous a bien dit ce matin lors de l’ouverture des négociations qu’il ne fallait pas se focaliser sur ce qu’avaient obtenu les médecins.

WUD. Tout le monde ne pourra tout de même pas bénéficier d’1,3 milliard de financement supplémentaire par an. Les médecins hospitaliers réclament un effort, les infirmiers également… Il y a bien un moment où les pouvoirs publics devront dire « stop », non ?

CM. Je suis très en faveur de la collaboration interprofessionnelle, mais chacun doit défendre son beefsteak. Je ne vais pas plaider pour les infirmières ou les kinés ! C’est à l’Assurance maladie de définir ses priorités.

WUD. Etes-vous optimiste quant à l’issue des négociations ?

CM. Jamais je n’ai senti qu’il y avait une telle opportunité d’arriver à quelque chose. Pour autant, rien n’est fait. On verra ce que nos interlocuteurs sont prêt à donner !

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