Médecine en 2040 : triste prévision pour les libéraux

La DREES se prend pour madame Irma

Hier, la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié son étude prédictive sur la démographie médicale en 2040. De quoi aider à préparer l’avenir.

A quoi ressemblera la population médicale en 2040 ? C’est la question que s’est posée la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) dans son étude publiée hier sur son site. Cette direction qui dépend du ministère des affaires sociales et de la santé s’est intéressée à trois axes : la démographie médicale, la proportion de femmes dans la profession et le mode d’exercice privilégié des médecins. Résultat : il va y avoir du changement !

Va falloir se faire une place

Selon les estimations de la DREES, le nombre de médecins en activité devrait être quasiment stable entre 2016 et 2019 avant de repartir à la hausse en 2020. Le nombre de médecins s’élèverait ainsi à 281 400 en 2040, soit 30 % de plus qu’actuellement. Conséquence : la densité médicale, qui était de 3,27 pour 1000 habitant en 2015, serait supérieure de 18 % en 2040.

Toutefois, les praticiens ne seront pas logés à la même enseigne et les effectifs de généralistes évolueraient de manière moins dynamique que ceux des spécialistes. En effet, les médecins diplômés à l’étranger, qui ont permis le soutien de la démographie médicale, sont à 80 % des spécialistes. Ces arrivées permettraient de maintenir en particulier les effectifs en ophtalmologie, radiodiagnostic et imagerie médicale, qui sinon baisseraient de 20 % entre 2015 et 2040.

Plus jeune, plus féminin

Par ailleurs, la DREES suggère que l’âge moyen des médecins devrait diminuer jusqu’en 2035, passant de 51 ans à 45 ans. Ainsi la proportion de médecins de 55 ans ou plus, qui s’élève à 45 % en 2015, ne serait plus que de 22 % en 2040.

Une médecine plus jeune donc, mais aussi aux accents plus féminins ! Les statisticiens rappellent que les femmes sont de plus en plus nombreuses dans la profession. Elles représentent aujourd’hui 44 % des médecins. Selon les projections, elles devraient être majoritaires dès 2021 et représenter plus de 60 % des médecins en exercice en 2034.

Le libéral a du souci à se faire

Ensuite c’est une mauvaise nouvelle pour le secteur libéral qui devrait poursuivre son déclin, au profit du salariat et de l’exercice mixte. Plus précisément, la part de médecins libéraux exclusifs passerait de 47 % en 2016 à 38 % en 2040.  Au contraire, les proportions de médecins mixtes et salariés augmenteraient respectivement de 11 à 15 % et de 42 à 46 % au cours de la même période.

De son côté, le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la confédération des syndicats médicaux français (CSMF) regrette que la médecine libérale n’ait pas eu les moyens nécessaires pour se restructurer et devenir plus attractive. Dans un communiqué de presse, Le syndicat exhorte le président de la république à prendre des mesures urgentes. « La part plus élevée de médecins en exercice mixte et salarié ne compensera pas le volume de soins que les médecins libéraux produisent », prévient le CSMF.

Néanmoins la DREES tempère ses chiffres. Les statisticiens se sont basés sur l’hypothèse que le numérus clausus, le choix actuel de mode d’exercice et l’âge de légal de départ à la retraite resteraient inchangés. Or, « l’hypothèse selon laquelle « rien ne change  » n’est pas nécessairement réaliste. »

 

Source: 

Im`ene Hamchiche

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