Lyme : êtes-vous au point ?

Santé publique France fait la lecon

Santé publique France a publié un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) exceptionnel sur la borréliose de Lyme. Elle y rappelle notamment les détails de prise en charge.

« Docteur, je pense que j’ai la maladie de Lyme ». Grand classique depuis l’arrivée des forums et des sites santé grand public : l’auto-diagnostic raté. Sauf qu’avec la borréliose de Lyme, certains patients sont (très) bien informés – on n’osera pas dire « parfois mieux que leurs MG ». Pour les professionnels, Santé publique France a publié une série d’articles dans son BEH diffusé ce mardi. L’occasion de se mettre à jour.

DPC forcé

Car la maladie semble encore être sous-diagnostiquée en ville. Depuis la mise en place de la surveillance Sentinelle chez les MG pour la borréliose, le nombre de cas est resté stable… jusqu’en 2016, où l’incidence a brutalement augmenté de 45 à 84 cas pour 100 000 habitants. Cette augmentation soudaine « reflète probablement la médiatisation croissante de la maladie auprès du grand public et des professionnels de santé, permettant une meilleure reconnaissance de ce symptôme assez caractéristique [l’érythème migrant, ndlr] à la fois par les personnes atteintes et les médecins », expliquent François Bourdillon et Jean-Claude Desenclos, respectivement directeur général et directeur scientifique à Santé publique France. 

En guise de mini-DPC, Benoît Jaulhac et son équipe du Centre national de référence (CNR) borréliose de Strasbourg rappellent quant à eux les recommandations sur la démarche diagnostique. L’érythème migrant reste le symptôme le plus flagrant. Ensuite, les manifestations articulaires, cutanées ou cardiaques sont évocatrices chez les patients ayant une sérologie positive en Elisa et confirmée par Western blot. Même protocole pour les manifestations neuro, avec confirmation par ponction lombaire et recherche d’anticorps dans le liquide céphalo-rachidien.

Complications neurologiques

Pour éviter d’entrer dans le combat des chefs qui fait rage entre professeurs médiatiques sur l’existence ou non d’une forme chronique, autant diagnostiquer tôt. Avant même l’apparition de symptômes plus sérieux : entre 2005 et 2016, près de 1 000 patients hospitalisés ont été diagnostiqués Lyme chaque année. Dans la moitié des cas pour des manifestations neurologiques (51 %) – affections du nerf facial, méningite, polyneuropathie, encéphalite, myélite ou encéphalomyélite –, mais aussi pour des arthrites (13 %), des complications cardiaques (7 %), oculaires (2 %) ou ACA (2 %).

Nous vous passons ici tous les détails d’interprétation des examens biologiques et des sérologies, que vous pourrez retrouver dans le BEH. Nous rappellerons en revanche qu’en consult’, les tiques peuvent passer inaperçues sur les patients, surtout lorsqu’elles sont à l’état de nymphe (moins de 2 mm). Les petites bêtes ont pour réflexe, une fois accrochées, de grimper vers le haut. On peut alors parfois les retrouver dans des endroits peu visibles : derrière les genoux, dans l’entrejambe dans le sillon sous-mammaire, ou les aisselles. Et ça, c’est pas dans le BEH !

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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