L’hôpital américain kiffe les jeunes médecins !

En pleine révolution copernicienne du fait de la mise en branle de sa stratégie 2018-2022, l’hôpital américain, vénérable institution franco-américaine, fait de l’appel du pied auprès des jeunes médecins. Rencontre avec son directeur, le professeur Sigal. 

« J’ai fait le constat, particulièrement en chirurgie, que l’hôpital avait vieilli. Il y a un vrai problème de manque de jeunes », regrette le professeur Robert Sigal, directeur général de l'hôpital américain depuis mars 2017. Créé en 1906, l’hôpital américain est une institution, nichée à Neuilly-su-Seine, reconnue à la fois par la Haute autorité de santé (HAS) et la Joint commission américaine. Avec l’arrivée du Professeur Sigal, l’hôpital américain devra déployer son plan stratégique quinquennal (2018-2022). Mais cela ne sera possible que s’il y a renouvellement médical. « Nous renouvelons nos bâtiments, avec 10 salles d’opération ultra-modernes. Nos nouveaux bâtiments ouvriront fin 2023, et les médecins qui ont maintenant 65 ans ne pourront peut-être pas y accéder. Donc l’intégration de nouveaux médecins est devenu clé pour nous », ajoute le professeur Sigal.

Masse commune

La direction de cette grosse clinique qui propose depuis 2017 une prise en charge complète en cancérologie, ne s’est pas pour autant croisée les bras. Elle a pris les devants, pour s’attirer les faveurs des jeunes médecins : « Pour attirer les jeunes médecins nous avons identifié la question de la qualité de vie, du travail en équipe car ils sont très spécialisés. » L’hôpital américain propose ainsi un mode de rémunération, qui participe d’une socialisation des revenus libéraux : ce mode de rémunération est baptisé la « masse commune » : « Si un médecin libéral fait une demi-journée d’échographie, il sera moins payé que s’il fait une demi-journée d’IRM. Résultat, tout le monde veut faire des IRM et personne de l’échographie. Si l’on procède autrement et que l’on met en commun l’argent généré, et réparti de nouveau selon une clé de répartition qui serait le nombre de vacations, par exemple, faire de l’échographie ou de l’IRM n’est plus déterminé uniquement selon une question économique, et cela nous permet aussi de faire travailler ensemble des médecins. » 

Young leaders

Autre projet qui permettra d’attirer les jeunes médecins : la création d’un groupe Young leaders. « Ce sont huit à dix jeunes qui viennent d’arriver, âgés entre 30 et 45 ans. Ils sont issus du secteur public ou du libéral. Nous allons organiser des sessions de travail autour de leur feed-back. Grâce à leur constat, nous pourrons mieux accueillr ces jeunes médecins », détaille le professeur Sigal. Qui compte aussi sur le développement de la recherche clinique, pour attirer les nouveaux talents : « Nous avons créé l’an dernier AHP (american hospital college of Paris) pour justement lancer des études de recherche clinique. Cinq premières études de recherche cliniques ont été lancées. » Recherche mais aussi formation : l’hôpital américain se positionne pour accueillir ses premiers internes en imagerie médicale. Bref, pour assurer son développement, l’hôpital américain a besoin de sang neuf. Et fait tout pour charmer les trentenaires...

 

L'hôpital américain en chiffres

- 145 lits
- Patients : 32% International / 68% France
- 324 médecins
-825 salariés
- 178 225 consultations 
- 38741 journées d'hospitalisation
- 4909 interventions au bloc
- 662 naissances

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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