Les fédérations hospitalières se sentent lésées

Le ministère les a doublées

La FHF, la Fehap, la FHP et Unicancer ont uni leurs voix pour passer un message à la ministre de la Santé : pas content ! Elles dénoncent le dégel partiel de l’enveloppe hospitalière, à hauteur de 150 millions d’euros. Elles veulent tout, les 412 millions, comme promis. Sinon…

Sinon on ne sera pas contents. Et peut-être qu’on fera quelque chose mais on ne vous dira pas quoi. Le communiqué des fédérations hospitalières paru le 1er décembre est quelque peu énigmatique. Pas sur les raisons de leur colère ; de ce côté, il est clair : elles attendaient plus d’argent dans leur enveloppe de Noël, dans un contexte financier toujours tendu.

Alors que les acteurs hospitaliers ont respecté l’Ondam en 2017 – ils ont même fait plus que demandé de 80 millions d’euros –, la ministre de la Santé n’a en effet dégelé que 150 des 412 millions d’euros de crédits mis en réserve (au titre du coefficient prudentiel). Une annonce faite à l’Assemblée nationale le 29 novembre dernier, sous les applaudissements de certains des parlementaires, qui ont semblé apprécier la générosité d’Agnès Buzyn devant le travail des hôpitaux pour respecter l’Ondam.

Mais la Fehap, la FHF, la FHP et Unicancer ont plutôt vu les 262 millions restants passer sous leur nez sans raisons. Remontées comme des coucous, elles déplorent « un coup porté au pacte de confiance ».

Bullied

Les fédérations menacent le ministère de la Santé. Elles ont déjà annoncé qu’elles « s’interrogent sur la sincérité des prochaines campagnes tarifaires »… On tremble, du côté de l'avenue Duquesne ? L’année passée déjà, la FHF avait « pris acte » de l’annonce de Marisol Touraine de ne débloquer que 100 des 366 millions d’euros disponibles, sur fond de polémique sur le fait que les établissement avaient ou non déjà consommé le reste de la réserve en cours d’année.

« L'année 2017 aurait dû être celle du plein respect du contrat qui lie les acteurs hospitaliers et le ministère au travers du dispositif du coefficient prudentiel. Force est de constater qu’il n’en est rien », regrettent les fédérations. Elles se disent néanmoins « conscientes des contraintes qui pèsent naturellement sur les dépenses d’assurance maladie », appelant les différents acteurs à travailler dans un « climat de confiance ».

Les fédérations hospitalières donc semblent un peu gentilles face au gouvernement, qui vient pourtant de leur sucrer une enveloppe bien fournie. À se demander si elles ont les moyens de mettre plus de pression.

Crédits photo : Angry Birds Toons (Cake Entertainment/Sony Pictures)

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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