Réalisée entre décembre 2025 et février 2026, auprès de 425 praticiens exerçant en soins critiques dans les hôpitaux publics, cette enquête du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHARE) visait notamment à identifier les aspirations des médecins concernant leur organisation du travail.
Les répondants (deux tiers d’hommes) sont majoritairement praticiens hospitaliers (77 %) et exercent pour 52 % en CHU. Ils exercent principalement comme anesthésistes-réanimateurs (64 %) ou médecins intensivistes-réanimateurs (30 %).
Temps non clinique : au moins 10 % du temps de travail
Parmi les attentes les plus consensuelles figure la reconnaissance du temps consacré aux activités non cliniques – recherche, enseignement ou organisation du service.
8 médecins sur 10 estiment que celui-ci devrait représenter au moins 10 % du temps de travail, un niveau considéré comme nécessaire pour maintenir l’attractivité de la spécialité et assurer les missions universitaires et organisationnelles des services.
Fin des gardes de 24 heures
L’organisation des gardes constitue également un point majeur pour les praticiens interrogés. Selon l’enquête, 57 % des médecins souhaitent l’abandon des gardes de 24 heures, au profit de gardes plus courtes de 14 à 16 heures.
Les répondants se prononcent également pour un intervalle minimal de trois nuits entre deux gardes et pour une limitation à cinq à sept jours consécutifs d’activité professionnelle.
Le syndicat propose en outre de permettre l’arrêt des gardes à partir de 50 ans, leur poursuite pouvant ensuite être laissée au volontariat.
Plus largement, les médecins interrogés expriment des attentes sur la durée des journées de travail, alors que trois quarts d’entre eux disent bosser plus de 48 heures par semaine (et 15% plus de 60 heures).
Ainsi, 71 % se disent favorables à des journées de 7 à 10 heures, tandis que 24 % préfèrent des journées de 10 à 12 heures, avec un maximum souhaité de sept jours de travail consécutif pour 88 % des répondants.
Ces résultats « confirment » la proposition du SNPHARE, dit-il, de fixer les obligations de service à 39 heures hebdomadaires, tout en permettant aux praticiens qui le souhaitent de travailler davantage sur la base du volontariat, via le temps de travail additionnel (TTA).
5 patients par médecin, voir moins
Autre revendication structurante : la définition de ratios médicaux en soins critiques, aujourd’hui non encadrés réglementairement.
Le SNPHARE propose de fixer un médecin pour cinq patients en réanimation, voire un pour quatre dans les situations les plus lourdes. De même, il estime qu’un médecin pour six à huit patients en unités de soins intensifs polyvalents serait plus acceptable.
En période de permanence des soins, le syndicat évoque également un ratio d’un médecin pour 15 patients de soins critiques.
Pour le SNPHARE, ces évolutions visent à « concilier la continuité des soins et la qualité de vie au travail » afin de renforcer l’attractivité des carrières dans une discipline confrontée à une forte exigence de permanence des soins.
Interne d'anesthésie-réanimation en Belgique, je ne peux que me faire l'avocat de cette mesure.
Ici dans la majorité des centres, les gardes de semaine pour les titulaires comme pour les internes commencent environ entre 16h et 18h et se terminent le lendemain à 8h. On ne travaille pas le jour de sa garde et on est en repos de sécurité le lendemain.
Enchaîner les cas programmés avec les urgences la nuit (+ activités annexes) avec en prime la gestion de la transition fin du programmé/garde, c'est un non sens total : physiologique et sécuritaire.
L'activité en journée est déjà très coûteuse en ressources intellectuelles, alors s'il faut enchaîner avec des urgences qui le sont tout autant en horaire de nuit de surcroît, après avoir déjà travaillé plus de 9h, on est clairement dans la mise en danger de soi-même et de nos patients.
Je reviens juste sur cette comparaison :
Quand un pilote de ligne travaille plus que ce qu'il ne devrait, c'est de la mise en danger des passagers.
Quand un médecin travaille plus que ce qu'il ne devrait, c'est de la dévotion envers les patients.
Moins d'égo, plus de raison dans nos métiers ne feront jamais de mal, nous partons de tellement loin...
A voir aussi
Hausse de 5,33 % du revenu des médecins en 2024 : à relativiser selon la CARMF