Le discours d’Emmanuel Macron laisse les médecins circonspects

Le discours d’Emmanuel Macron a suscité des réactions contrastées des médecins. Morceaux choisis.

Comme de nombreux Français, vous étiez peut-être hier soir devant votre écran pour assister au discours d’Emmanuel Macron qui a notamment confirmé la déprogrammation des soins non urgents. Il a également annoncé que, pour protéger et freiner la propagation du Covid-19,« dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés ». Mais aussi que les transports publics seront maintenus, « car les arrêter ce serait tout bloquer, y compris la possibilité de se soigner ».
 
Quelques heures plus tard, le SML a salué « les mesures de précaution sanitaire de bon sens » annoncées ce soir par le président de la République « afin de protéger les personnes les plus fragiles ».
 
« La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies quoi qu’il en coûte », a également déclaré Emmanuel Macron. Un extrait du discours qui n’a pas échappé au SML qui pense qu’il faut que la France « sorte des logiques comptables et de rationnement pour assurer la protection des soignants et des patients dans une logique de qualité des soins. Les masques et le matériel de protection doivent être acheminés sans délai. »

Jean-Paul Ortiz "extrêmement déçu" 

Du côté de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français), son président, le Dr Jean-Paul Ortiz, s’est dit « extrêmement déçu » par un aspect du discours du président de la République, sur le plateau de BFM TV. Parce que c’était l’occasion « de dire aux Français comment ils devaient se comporter vis-à-vis de l’accès au système de soins. Et on continue à porter un discours qui est très centré sur l’hôpital (…). Mais c’était l’occasion de dire ce soir aux français : « Arrêtez d’aller aux urgences hospitalières, arrêtez d’appeler le 15 parce qu’ils sont complètement surchargés. Si vous avez un syndrome infectieux qui pourrait cadrer avec un coronavirus, allez voir votre médecin traitant » ».

Autres critiques formulées par Jean-Paul Ortiz, sur le plateau de Cnews cette fois-ci. « Si les enfants ne vont plus à l’école, vous allez être obligés de mobiliser beaucoup de personnel soignant pour garder les enfants ». Deuxième problème : « aujourd’hui, les enfants sont vecteurs », donc, « il faut réduire les visites des petits vis-à-vis de leurs ascendants, vis-à-vis des grands parents. Ce n’est pas le moment de confier ses enfants aux grands parents. »

Par ailleurs, le Dr Jérôme Marty, s’est fendu de plusieurs tweets. Il a d’abord déclaré : « Il aura fallu une pandémie pour s’apercevoir que la santé n’a pas de prix. Que la santé est un bien commun et qu’elle crée et maintien une richesse incommensurable : la vie ! Il aura fallu une pandémie pour tuer le dogme de l’efficience f"aire mieux avec moins". »

Mais il a aussi évoqué plusieurs points noirs à propos des annonces d’Emmanuel Macron : « Le maintien des élections, en discordance avec les mesures prises. (…)  Les transports en commun maintenus alors que population n’a pas de masques ni SHA. Le flou terrible sur les moyens de protections pour soignants. »

Enfin, le Pr Laurent Thinès a lancé un appel solennel à Emmanuel Macron et au gouvernement, pour un sursaut national de civisme qui passerait par :
- un VRAI plan financier d’urgence pour l'hôpital et la médecine de ville, réclamé depuis des mois
- l'arrêt immédiat du vote des lois anti-sociales.

Portrait de Julien Moschetti

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