Michel Vounatsos va continuer à diriger l'entreprise et à participer au conseil d'administration le temps qu'un successeur soit trouvé, détaille un communiqué.
L'annonce de son départ intervient quelques semaines après la décision définitive du programme Medicare du gouvernement américain de ne rembourser le médicament contre Alzheimer de Biogen, Aduhelm, que pour les patients qui participent à des études cliniques.
Cela limite grandement la population éligible parmi les plus de 60 millions d'Américains qui bénéficient de Medicare, le programme gouvernemental destiné à couvrir l'assurance-santé des plus de 65 ans et des personnes atteintes de handicap.
Six millions d'Américains vivent avec Alzheimer, qui constitue la sixième cause de décès aux Etats-Unis.
Biogen va en conséquence diminuer l'infrastructure mise en place pour commercialiser le médicament et, avec d'autres réductions de coûts déjà annoncées en décembre, prévoit de faire au total des économies de l'ordre de 1 milliard de dollars par an.
Le groupe a aussi passé une charge de 275 millions de dollars dans ses comptes du premier trimestre liés à une dépréciation de ses stocks.
Le prix du traitement initial était d'environ 56 000 dollars par an
Le traitement contre Alzheimer, sur lequel le groupe misait beaucoup pour gonfler son chiffre d'affaires, a connu des débuts difficiles.
L'autorisation de mise sur le marché du produit commercialisé sous le nom Aduhelm en juin dernier avait suscité beaucoup d'espoirs, Aduhelm étant le premier traitement approuvé contre la maladie depuis 2003.
Mais elle avait aussi fait des vagues dans la communauté médicale et scientifique, l'agence américaine du médicament FDA étant allée à l'encontre de l'avis d'un comité d'experts qui avait jugé que le traitement n'avait pas suffisamment fait preuve de son efficacité lors des essais cliniques.
Son prix initial, environ 56.000 dollars par an, avait aussi fait réagir en raison du coût qu'il aurait pu faire peser sur les finances publiques. Biogen l'avait par la suite divisé par deux, à environ 28.200 dollars par an.
Sans lier directement son départ aux déboires du médicament, Michel Vounatsos a souligné lors d'une conférence téléphonique avec les analystes qu'il était important de trouver un remplaçant qui ait "le soutien du conseil d'administration et arrive avec un oeil neuf".
Avec AFP
A voir aussi
Une application pour le traitement de l'asthme pédiatrique pourrait devenir la première thérapie numérique remboursée par la Sécu
Épilepsie : tension sur Alepsal de Teofarma, des alternatives sans caféine existent
La Commission européenne autorise Rezurock (Sanofi) contre la maladie chronique du greffon contre l’hôte
Il délivrait presque autant de fentanyl que de paracétamol : un généraliste girondin devant le tribunal
Un Australien a conçu un vaccin à ARNm avec l'aide de l'IA pour soigner le cancer de sa chienne, une première prometteuse
Après une acquisition en oncologie, Novartis s'offre des anti-allergiques nouvelle génération
À cause des prix, la France redoute de passer à côté de certains nouveaux médicaments
Le Dupixent de Sanofi élargit encore son champ d’action au Japon avec la pemphigoïde bulleuse
Bilan du vaccin contre le chikungunya : 62 cas d'effets indésirables dont 21 graves