Le décret sur la prescription contrôlée d’hydroxychloroquine publié au JO

Désormais, l'hydroxychloroquine, mais aussi l'association  lopinavir/ritonavir, ne pourront être prescrits qu'en établissements de santé pour le traitement de l'infection à SarsCov2. 

Chose promise, chose due : le décret encadrant la prescription d’hydroxychloroquine et de Plaquenil® a été publié au Journal officiel du 23 mars. Le ministre de la Santé Olivier Véran dans une allocution du 23 mars dernier, avait décidé de contrôler la prescription d’hydroxychloroquine dans le cadre du traitement de l’infection SarsCov2 (ou Covid-19). Il réagissait à la prescription « sauvage » de Plaquenil® dans les officines pour traiter le SarsCov2, suite aux annonces du professeur Raoult, qui le prescrivait pour ses patients infectés de coronavirus, à l’issue d’un essai clinique critiqué par la communauté scientifique

Dans ledit décret, la prescription d’hydroxychloroquine n’est pas seule visée : l’association lopinavir/ritonavir est également citée. « l'hydroxychloroquine et l'association lopinavir/ritonavir peuvent être prescrits, dispensés et administrés sous la responsabilité d'un médecin aux patients atteints par le covid-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que, pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile. » De facto, les prescriptions de ces spécialités sont totalement proscrites en médecine de ville pour ces indications.
Toutefois les spécialités à base d’hydroxychloroquine continueront d’être prescrites (dont le Plaquenil®) dans les officines et pour leurs indications AMM. De nombreux patients notamment atteints de lupus s’étaient plaints ces jours derniers de ruptures de stocks de Plaquenil® dans leurs officines, du fait de la ruée de patients suspectés de Covid19 qui se faisaient prescrire du Plaquenil®. « La spécialité pharmaceutique PLAQUENIL© et les préparations à base d'hydroxychloroquine ne peuvent être dispensées par les pharmacies d'officine que dans le cadre d'une prescription initiale émanant exclusivement de spécialistes en rhumatologie, médecine interne, dermatologie, néphrologie, neurologie ou pédiatrie ou dans le cadre d'un renouvellement de prescription émanant de tout médecin. » Aussi pour garantir un juste approvisionnement national de ces spécialités, « l'exportation des spécialités contenant l'association lopinavir/ritonavir ou de l'hydroxychloroquine est interdite ». 

À noter qu’Olivier Véran avait dans un premier temps et suivant les recommandation du Haut conseil de la santé publique (HCSP) recommandé de réserver le traitement en établissement de santé par l’hydroxychloroquine du Covid19 aux « formes graves hospitalières ». Cette décision avait été critiquée notamment par le professeur Raoult qui dans une vidéo postée le 25 mars avait fait remarquer que dans les situations aigués, « le virus avait pratiquement disparu ». Il semble qu’il ait été entendu car à aucun moment dans le décret il n’est mentionné de prescription dans les formes graves de l’infection à SarsCov2. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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