Le Conseil d’État fait la leçon aux antivax

Saisi par des associations, le Conseil d’État a rendu deux décisions négatives sur l’extension de l’obligation vaccinale et sur les adjuvant aluminiques. Avec un poil de paternalisme, en cadeau.
 

Comment des collectifs antivax envoyer sur les roses ? Demandez au Conseil d’État, il se fera un plaisir. Le 10 janvier, il a rendu ses conclusions sur deux recours. Le premier, contre l’extension vaccinale à 11 vaccins décidée par le ministère de la Santé en 2017, est porté par la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations (LNPLV). Le second, contre le refus de ce dernier de contraindre les laboratoires à abandonner les adjuvants aluminiques, émane de l’Institut pour la protection de la santé naturelle (IPSN).

La loi, c’est moi la loi

Le Conseil d’État a fait d’une pierre deux coups, afin – nous imaginons – de ne pas avoir à gaspiller sa salive. Il a rejeté les deux recours, en présence de la petite clique menée par Henri Joyeux. « Ces dossiers ne nous semblent pas poser de difficultés juridiques, en l’état actuel des connaissance », a ainsi déclaré Rémi Decout-Paolini, rapporteur public du Conseil.
 
Car c’est sur les questions légales que celui-ci s’appuie, pour rendre sa décision, « au risque de décevoir les requérants ». C’est bien « au ministère de la Santé qu’il appartient d’élaborer la politique de vaccination », a ajouté le rapporteur. Et à ceux qui souhaiteraient faire appel à la jurisprudence Salvetti de la Cour européenne des droits de l’homme, qui dispose « qu’un traitement médical non volontaire, tel qu’une vaccination obligatoire, constitue une ingérence dans le droit au respect de la vie privée », le Conseil d’État répond par une décision de cette même cour. « Certes, il y a ingérence dans la vie privée, mais celle-ci est admise s’il y a des considérations de santé publique ».

Maître Decout-Paolini VS Maître Thouin-Palat

Et c’est là que le rapporteur commence la leçon, en débutant par un peu d’histoire : celle de la variole, éradiquée de la surface du globe grâce à une campagne massive lancée dans les années 1980. Il poursuit avec le cours de biologie et le principe de certains vaccins, consistant en l’introduction d’agents pathogènes inactivés dans un corps sain. Puis un peu de pharmaco en rappelant la balance bénéfices/risques bien déséquilibrée, et les conséquences « aiguës » des maladies soumises à la vaccination obligatoire. Il ajoute qu’« aucune institution scientifique en France et à l’étranger ne considère la dangerosité » de ces vaccins.
 
Cette partie s’adressait notamment à la polémique sur les adjuvants, qui s’appuie sur les travaux du Pr Romain Gherardi de l’hôpital Henri-Mondor (Créteil). Le rapporteur a répété que les connaissances scientifiques ne permettaient pas de déjuger le refus de leur remplacement. Le médecin francilien est en effet un peu seul sur un sujet de la myofasciite à macrophages liée aux adjuvants aluminiques, loin de faire consensus dans la communauté scientifique.
 
Stupéfaction des requérants et de leur avocate, Me Thouin-Palat, « stupéfaite des conclusions de M. le rapporteur public ». Stupéfiant…
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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