Le Cnom tape du poing sur la table contre les essais « sauvages » et menace de suspension

Depuis le début de la crise, des médecins font part de leurs essais médicamenteux hors de toute réglementation. Le Conseil national de l'ordre des médecins rappelle à l'ordre ces médecins en les menaçant de suspension d'exercice. 

Est-ce un effet raoultien qui s’est abattu sur le monde médical ? Dans un récent article paru dans Le Parisien, de nombreux médecins confessaient leurs recherches hors des sentiers battus pour trouver un remède contre ce virus. Certains avaient adopté l’azithropmycine, d’autres le bleu de méthylène… Parmi ces médecins, certains avouaient se placer hors des clous et n’avoir pas peur de « faire de la prison » pour sauver l’humanité… C’en était trop.
Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) s’est décidé à agir. Dans un communiqué, « le Conseil national de l’Ordre des médecins rappelle fermement à l’ensemble des médecins qu’en cette période de vulnérabilité particulière et face à l’inquiétude de nos concitoyens, leur parole prend un sens encore plus important. Il serait inadmissible dans ce contexte de susciter de faux espoirs de guérison ».
Le Cnom a informé l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) de ces procoles « sauvages ». Laquelle ANSM a d’ailleurs demandé à l’institut hospitalo-universitaire (IHU) dirigé par le professeur Didier Raoult de prouver le caractère observationnel de la deuxième étude sur l’hydroxychloroquine mené par l’IHU, et que l’ANSM n’avait pas autorisé, rapporte l’agence de presse médicale.

À l'unisson avec Fakemed

Les conseils départementaux de l’ordre des médecins ont par ailleurs entendu les médecins qui se sont épanchés dans la presse au sujet de leur protocole hors des clous, pour recueillir « les explications de leurs confrères sur leurs dits protocoles et à leur rappeler leurs obligations déontologiques, inscrites dans le Code de la santé publique. A la suite de cet entretien les conseils départementaux informeront le conseil national des suites qu’ils lui donneront ». Le Cnom n’exclut pas une suspension immédiate de l’activité de ces médecins, s’il s’avérait qu’ils avaient mis en danger la vie de leurs patients. « En temps de crise sanitaire, la spécificité du recueil du consentement des patients soumis à un protocole de recherche clinique et les règles de la prescription hors AMM doivent également faire l’objet d’une application très stricte de la part des professionnels », conclut le Cnom.
Le Conseil de l’ordre rejoint par là même les inquiétudes du Collectif Fakemed, qui dans un communiqué s’alarmait de constater « chaque semaine l’apparition de nouveaux traitements parfois présentés comme miraculeux, ne reposant la plupart du temps sur aucune base clinique fiable ». Et d’ajouter : « La peur engendrée par une crise sanitaire ne saurait permettre d’abuser les patients. Ces conditions exceptionnelles ne doivent pas être le prétexte pour jouer aux apprentis sorciers ».

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