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« J'ai un souci et j'aimerais dire aux industriels de jouer le jeu : ce n'est pas une procédure dans laquelle on s'installe dans la durée », a déclaré aujourd'hui Lionel Collet, président de la HAS, lors d'une conférence de presse de rentrée.
Depuis plusieurs années, une procédure facilite l'approbation de médicaments présentés comme innovants, même si leur fabricant ne dispose pas encore de données probantes.
Dite d'accès précoce, elle permet leur remboursement immédiat en attendant que le groupe pharmaceutique confirme leur intérêt.
L'accès précoce est vivement défendu par nombre d'associations de patients, qui y voient la chance de vite bénéficier de médicaments prometteurs, et par l'industrie pharmaceutique, qui le juge essentiel pour faciliter l'innovation.
Mais d'autres acteurs, notamment des sociétés médicales, « trouvent que nous allons trop loin », a admis Lionel Collet.
Des traitements qui perdent en qualité
Ces critiques accusent l'accès précoce d'être trop largement utilisé, abaissant les standards par lesquels les médicaments sont évalués avant leur mise sur leur marché.
Lionel Collet a écarté ces reproches sur le fond, soulignant que la grande majorité des traitements en accès précoce avaient ensuite été jugés réellement intéressants par la HAS.
Mais il a reconnu que les dossiers déposés par les laboratoires avaient tendance à perdre en qualité, conduisant l'autorité à approuver de moins en moins d'accès précoces.
Surtout, le président de la HAS a regretté qu'une partie de l'industrie pharmaceutique ait tendance à s'installer durablement dans un statut censé n'être que provisoire.
« Ces médicaments n'ont pas vocation à rester deux ou trois ans dans un système dérogatoire », a-t-il insisté.
Lionel Collet a notamment expliqué ces dérives par le blocage de certaines négociations sur le prix définitif de ces traitements. Dans le cadre de la procédure d'accès précoce, ils sont en effet remboursés au coût décidé par le laboratoire.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/medicaments-comprendre-pourquoi-penuries-et-prix-sont-lies
C'est ensuite la négociation avec les autorités sanitaires - mais pas la HAS elle-même - qui permet de déterminer le prix auquel le traitement sera remboursé dans la durée. Le laboratoire est ensuite tenu de rembourser la différence.
Avec AFP
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