La prise de rendez-vous 2.0

Et si c’était le patient qui gérait en partie l’agenda des consultations ? Voici le principe, simple mais astucieux des sites de prise de rendez-vous médical en ligne. Aujourd’hui, la toile francaise en compte environ une dizaine : Docmi, doctolib, keldoc, mondocteur.fr, rdvmedicaux…

Un SMS de rappel pour ne pas oublier le rendez-vous

Pour s’inscrire dans l’agenda de son médecin, quelques minutes et quelques clics suffisent. Tous les créneaux disponibles de plage de consult’ sont à la disposition du patient sur la plateforme du site. Il n’y a donc plus qu’à choisir la date et l’heure. Dans la seconde qui suit la prise de rendez-vous, le patient reçoit un e-mail récapitulatif. Il doit ensuite attendre la confirmation du rendez-vous, qu’il reçoit par e-mail quelques heures plus tard. Le jour J, le patient reçoit un e-mail ainsi qu'un SMS de rappel avec l'heure du rendez-vous. Le professionnel de santé est également prévenu en cas de retard ou d’annulation de patients et… vice-versa.

28 millions de rendez-vous non honorés tous les ans

Ce système permet donc de gagner un temps considérable et ô combien précieux pour s’organiser. Il assure également un accès à la consultation plus facile pour les patients. Car l’engorgement des cabinets n’est un secret pour personne. En effet, 2 Français sur 3 se disent découragés par des délais d’attente trop longs et renoncent à se faire soigner.

Des retards dus en partie à la non-ponctualité des médecins, mais également au manque de discipline de certains patients, qui ne préviennent pas toujours d'une défection. Selon la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) en effet, le nombre de rendez-vous médicaux non honorés s’élève à 28 millions par an. Chiffre difficilement vérifiable, mais néanmoins révélateur, or les sites de prise de rendez-vous en ligne nourrissent l’ambition de sortir de cette impasse.

Développer sa patientèle sur internet

Question tarifs, les patients sont gagnants puisque tous les sites leur assurent un accès 100 % gratuit. Pour les médecins en revanche, l’aventure a un coût : un abonnement à ces sites revient en moyenne à 130 €/mois. Mais c’est une charge de cabinet assez faible au regard du gain de temps engendré et de la baisse considérable du nombre de coups de fil sur le standard.

Les dentistes, volontiers avant-gardistes et plus geeks que les médecins, sont les premiers à y avoir adhéré. S'abonner à l'un de ces sites a été le premier réflexe de Yoann lorsque ce jeune dentiste s'est installé à Paris : « Nous sommes un petit cabinet avec seulement deux dentistes et deux aides-soignantes. Pour nous, il était inévitable de passer par ces sites de prise de rendez-vous en ligne. Une bonne partie de ma patientèle provient de ces sites ! » Si les dentistes l’ont fait… pourquoi pas alors les médecins ?

Un concept prometteur

Mais, on le sait bien, tout changement majeur nécessite un temps d’adaptation. Et, inévitablement, dès qu’il s’agit de passer à l’ère digitale, les arguments ne manquent pas pour s'esquiver : peur de l’échange de données personnelles du patient sur le Web, utilisation du sacro-saint secret médical à toutes les sauces. Mais pour Thibault Lanthier, fondateur de Mondocteur.fr, ce n’est qu’une question de temps avant que tous les médecins soient convertis. « Je trouve l’évolution de ces sites assez importante. Il y a encore 5 ans, personne ne pensait que ce système allait fonctionner. Aujourd'hui, c'est plusieurs centaines de milliers de rendez-vous qui sont pris chaque mois avec des médecins généralistes et spécialistes sur MonDocteur.fr. Et ce n’est pas qu’une question de génération, puisque tous les médecins, les jeunes comme les plus âgés, sont concernés ! »

Une appli communautaire pour discipliner médecins et patients

Pour l’instant, le réseau de « médecins connectés », présents sur les sites se limite principalement aux grandes villes, notamment à Paris. Cependant, des sites comme Mondocteur.fr ou Doctolib parviennent à tirer leur épingle du jeu. Doctolib annonce compter environ 1 500 praticiens abonnés et prévoit de s’implanter dans les pays européens limitrophes, où les fondateurs espèrent pouvoir cibler environ 3 millions de praticiens… À voir ! On a du mal à croire que les médecins européens puissent avoir une culture du web si différente de la nôtre. Mondocteur.fr, plus réaliste, recense lui aussi 1 500 praticiens mais mise plutôt son développement sur la diversité et la qualité des spécialités. C’est également le seul site, selon Thibault Lanthier, à offrir une approche complète : « Sur MonDocteur.fr, les patients peuvent trouver des rendez-vous en moins de 24 h à 48 h. Mais au-delà de la simple prise de rendez-vous, nous effectuons un réel suivi. Nous communiquons tous les jours avec les médecins, afin de suivre leur évolution et de connaître leurs besoins. » Un bon site de prise de rendez-vous médical en ligne ne se limite donc à pas à la richesse du réseau, mais aussi à son efficacité, sa rapidité et sa facilité d’usage. À condition, bien sûr, que médecins et patients jouent le jeu et respectent leur part du contrat…

L'application communautaire Mydocteo, qui permet d'informer le patient du temps réel d’attente dans le cabinet de son médecin et d'optimiser son temps au maximum, a d'ailleurs été créée pour ça. Cette fois donc, plus d’excuse pour bouder la prise de rendez-vous médical en ligne !

 

Article proposé avec le soutien de Doctissimo

Portrait de La rédaction
article du WUD 18

Vous aimerez aussi

Un an, ce peut être beaucoup. Mais, un an À l’extrême nord du Cameroun, en zone sahélienne, À travailler auprès d’enfants dans un petit hôpital de...
Les plateformes de prise de rendez-vous en ligne offrent des outils dont l’intérêt va bien au-delà du simple rendez-vous : ils proposent une nouvelle...
Partir au Royaume-Uni et exercer sur place ? Dans le cadre d’un projet professionnel personnel, ce n’est déjà pas toujours simple ; alors que dire...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.