La contention et l’isolement trop fréquents en psychiatrie

La psychiatrie dans le viseur de la HAS

Utilisation abusive de la contention, isolements trop fréquents ou réévaluations hasardeuses de ces recours : la HAS pointe du doigt les pratiques en psychiatrie.

« Dans les dysfonctionnements, on constate que lors des visites de certification, les prescriptions initiales ne sont pas retrouvées, ou qu’une prescription n’est pas à usage unique mais permet la démultiplication du recours », explique Philippe Laly, adjoint au chef de service de la certification des établissements de santé pour la HAS. Des manquements aux bonnes pratiques des soignants qui touche tout le personnel médical des établissements psychiatriques.

L’organisme a ainsi pu constater « un nombre significatif de dysfonctionnements concernant le respect des libertés individuelles ». Une ombre au tableau plutôt gênante puisque le rapport de la HAS précise que ces dysfonctionnements représentent 18 % de l’ensemble des non-conformités. Malaise.

Remettre l’action du soignant au cœur du processus

« Les psychiatres, comme tous les autres soignants, sont très impliqués dans ces prises en charge », constate Philippe Laly. « Nos professionnels s’intéressent à la façon dont l’ensemble des praticiens et des soignants se réapproprient ces problématiques et y apportent des solutions à l’échelle de leur établissement », ajoute-t-il. « Il faut que l’on puisse établir des protocoles rigoureux sur les phases de contentions. »

Et le problème ne date pas d’hier. En 2015, une note de cadrage sur la place de la contention et de la chambre d’isolement en psychiatrie avait été publiée par la HAS. Elle y relatait notamment les manquements observés par le contrôleur général des lieux de privation de liberté. « Dans les centres hospitaliers spécialisés, et les établissements de santé habilités à recevoir des patients hospitalisés sans leur consentement, les traçabilités des mises à l’isolement et des mesures de contention n’est généralement pas assurée », pouvait-on y lire. La publication a également permis de poser les bases de réflexion nécessaire à une résolution efficace de ces recours abusifs.

La HAS prévoit d’ailleurs de publier d’ici mars des recommandations précises sur les situations dans lesquelles elle considère la contention et l’isolement comme un recours utile. Et il sera bien sûr conseillé à chacun d’y jeter au moins un cil.

 

Source: 

Johana Hallmann

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