« La coercition serait un remède pire que le mal » : L’ex-ministre de la Santé Yannick Neuder continue de plaider pour la liberté d’installation

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Dans un entretien au Dauphine Libéré, le député de l’Isère et ancien ministre de la Santé a renouvelé son opposition, dans l’immédiat, à toute mesure coercitive sur la liberté d’installation des médecins, la priorité restant pour lui d’augmenter le nombre de praticiens formés.

« La coercition serait un remède pire que le mal » : L’ex-ministre de la Santé Yannick Neuder continue de plaider pour la liberté d’installation

© AFP / iStock

Interrogé par Le Dauphiné Libéré, le cardiologue a mis en garde contre ce qu’il considère comme une fausse solution à la pénurie médicale. « Aucune zone n’est en surdensité en France. Est-ce une bonne idée de réguler la disette ? Je pense que non », a-t-il déclaré.

Pour Yannick Neuder, qui a supprimé le numerus apertus en 2025, la réponse à la crise passe d’abord par une augmentation du volume de médecins formés.

Il a rappelé qu’il faut en moyenne « 2,3 nouveaux médecins pour remplacer un retraité », en raison notamment des aspirations des nouvelles générations à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

« Attaquer la liberté d’installation peut surtout faire dérailler le système ou pire, pousser les médecins vers l’étranger » a-t-il estimé. « On court le risque de décourager les jeunes, un remède pire que le mal ».

Peut être envisagée un jour

Le député a cependant nuancé son propos en indiquant qu’une régulation par la coercition pourrait être « envisagée » si « on atteint un nombre suffisant de praticiens », reconnaissant ainsi que cette option n’est pas exclue sur le long terme.

Sur la question de l’augmentation globale du nombre de médecins consécutive à la fin du numerus clausus, Yannick Neuder a appelé à la prudence : « Il faut rester relativement modeste dans la réjouissance. Ce qui est vrai au global n’est pas forcément vrai au particulier ». 

Enfin, sur les craintes des institutions d’un excédent de praticiens à l’horizon 2040, l’élu s’est montré sceptique, invoquant le développement nécessaire de la prévention et l’essor de nouveaux besoins en santé mentale et dépistage des cancers.

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« Dans 25 ans, on aura le temps d’agir si on s’aperçoit qu’il y a trop de médecins, mais franchement je crois qu’on en est très loin et qu’il ne faut pas se faire peur », a-t-il conclu.  

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