Hôpitaux psychiatriques : les soignants recadrés

Le CGLPL tire à boulets rouges

Dans son dernier rapport, le contrôleur général de lieux de privation de liberté (CGLPL) note « l’absentéisme » et les « pratiques professionnelles hasardeuses » des personnels des Hôpitaux psychiatriques.

Le dernier rapport thématique d'Adeline Hazan consacré aux personnels des lieux de privation de liberté, accessible en ligne depuis quelques jours, recommande la mise en place d’un encadrement plus strict dans les unités psychiatriques.

Dedans, la contrôleure générale déplore en effet que « la psychiatrie, contrairement aux autres spécialités médicales, ne connaisse pas de ratio type de soignants par catégorie d’unité ». Selon elle, l’organisation ne garantirait pas un nombre de soignants défini pour un type d’hospitalisation ou par service.

Le manque de présence auprès des patients remarqué

La contrôleure liste ensuite tout au long de ses 64 pages les problèmes inhérents aux équipes médicales et non-médicales des établissements accueillants des patients dont la pathologie nécessite une privation de liberté. Principalement en cause, le manque de présence des soignants : le taux d’absentéisme serait ainsi en « hausse régulière depuis cinq ans », en croissance de 19 % plus exactement. Par ailleurs, Adeline Hazan évoque des cadres infirmiers qui « ayant perdu l’habitude des soins, sont réticents à intervenir » et adopter un rôle soignant. Toujours sur les infirmiers, elle relève que ceux travaillant dans les secteurs psychiatriques « plus jeunes (…) manquent parfois de la capacité à être contentant psychiquement et s’en tiennent aux protocoles ». Selon des cadres de santé interrogés, ils auraient même « tendance à se reposer sur leur acquis ». Bonne ambiance décidément...

Mais les autres personnels ne sont pas épargnés par cette attaque au vitriol. L’institution constate que le temps de présence des psychologues et ergothérapeutes « est limité ». Elle souligne également que certains Hôpitaux psychiatriques fonctionnent « avec un effectif de médecins qui peut être réduit jusqu’au quart de ce qu’il devrait être. »

Des restrictions injustifiées des libertés individuelles

Un manque de présence qui se traduit par une maltraitance de la patientèle, pour Adeline Hazan. LE CGLPL assure en effet avoir « constaté de nombreux cas dans lesquels le manque de personnel conduit à la méconnaissance de droits fondamentaux des patients ». Et le rapport s’inquiète des « restrictions injustifiées des libertés individuelles », induits par le manque d’effectifs dans les services concernés.

D'ailleurs, les soignants ne sont pas dupe. Ceux interrogés par la contrôleure générale sont bien conscients du phénomène et évoquent « la nécessité de réintroduire du relationnel avec les patients et de la disponibilité ». Néanmoins, il faut souligner que les locaux vétustes des Hôpitaux sont aussi mis en cause. Leur architecture inadaptée « peuvent conduire les soignants à adopter des pratiques contre-thérapeutiques portant atteinte à la dignité des patients », est-il écrit dans le rapport. Ouf un peu de mansuétude... 

Source: 

Thomas Moysan

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