Hôpital : Agnès Buzyn veut le bien-être des personnels

Opération PH heureux

Lundi, le ministère de la Santé accueillait un colloque sur la qualité de vie au travail. Agnès Buzyn en a profité pour annoncer qu’elle souhaitait que la stratégie nationale sur le sujet soit revue afin d’être renforcée.

« Ce sujet est très important. Il ne peut pas être traité uniquement dans l’émotion, c’est un sujet de long terme. Il nécessite neutralité, expérience et expertise ». Voilà qui est dit. Le sujet en question : le bien-être des personnels médicaux à l’Hôpital. La ministre de la Santé, citée par APM, s’exprimait lundi lors d’un colloque organisé par la Haute Autorité de Santé (HAS), la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) et l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact).

Un observatoire mis en place

Agnès Buzyn a une nouvelle fois martelé sa méthode : l’expérimentation. Elle a ainsi rappelé que le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2018 laisserait « une très large part pour l’expérimentation de nouvelles organisations », notamment celles dont l’objectif est d’améliorer les conditions et la qualité de vie au travail.

La ministre a fait part de son action dans ce sens à la tête de la HAS, et indiqué qu’elle gardait un engagement « totalement intact » pour le bien-être des soignants. Côté mesures, Agnès Buzyn souhaite revoir la stratégie nationale d'amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé, afin de la renforcer.

Elle a confirmé la mise en place d’un observatoire piloté par l’Anact, la HAS et la DGOS, qui « réunira les données scientifiques et celles issues des expérimentations afin de les diffuser ». Ce chantier avait été lancé par Marisol Touraine en décembre dernier. Pour l'actuelle locataire de l'Avenue Duquesne, la qualité de vie au travail des personnels médicaux est indissociable de la qualité des soins. L'une ne va pas sans l'autre. Mais l'Inter-Syndicat National des Internes (ISNI) a interpellé Cécile Courrèges, patronne de la DGOS, en soulignant que ces annonces auraient pu être faites « de vive voix », a estimé le syndicat sur Twitter.

Deux missions lancées

Edouard Couty, qui portait jusque-là une mission de réflexion sur la mise en place d’un dispositif de médiation pour résoudre les cas de professionnels hospitaliers en grande difficulté, est confirmé par Agnès Buzyn. La ministre lui a indiqué qu'elle souhaitait qu’il poursuive l’écriture de son rapport. Il avait été nommé en janvier « médiateur national » par Marisol Touraine, pour agir dans la prévention des risques psychosociaux à l’Hôpital.

La locataire de l'avenue Duquesne a également rappelé avoir lancé avec sa collègue de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal une mission auprès du Dr Donata Marra, « pour formuler des préconisations afin d’apporter des réponses aux facteurs de risque qu'elle aura identifiées tout au long du cursus de formation des étudiants en santé ». Et ceci dans le cadre du rapport commandé au Pr Jean-Luc Dubois-Randé et à l’ex-vice-président de l’ANEMF Quentin Hennion-Imbault, quant à l’amélioration du second cycle des études de médecine ainsi que des ECNi.

Les hôpitaux s’engagent

« Nos efforts seront en outre approfondis pour soutenir toute initiative supplémentaire à renforcer la médecine du travail », a ajouté Agnès Buzyn, évoquant « la création et le renforcement des équipes pluridisciplinaires de santé au travail. » Aussi, le développement professionnel continu (DPC) a été revu « pour permettre aux professionnels d’intégrer la question de la qualité de vie au travail dans leur pratique professionnelle », en particulier pour renforcer la prévention des risques psychosociaux.

Au-delà des volontés ministérielles, les hôpitaux s’organisent. Anne-Marie Gallet, chargée de mission à l’Anact qui s’exprimait elle aussi lors du colloque, s’est félicitée de l’augmentation des établissements de santé à s’être engagés dans les clusters régionaux de partage d’expérience. Près de 200 structures hospitalières ou médico-sociales les ont rejoint cette année selon la HAS, et ont donc réalisé de façon volontaire un travail en interne pour améliorer la qualité de vie au travail. Les professionnels de santé verront-ils la différence ? Il faudra probablement de longs mois avant de pouvoir ressentir l’effectivité des efforts des hôpitaux et d’Agnès Buzyn sur le terrain. Courage !

Source: 

Thomas Moysan

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