Grève des urgences : la réalité derrière les chiffres

Le mouvement de grève se poursuit et s’amplifie dans 121 services d’urgences. Les propositions de la ministre de la Santé n’ont pas convaincu le collectif Inter-urgences qui remet en perspective les effets d'annonce.

Vendredi matin, 106 services d’urgence étaient en grève, quelques heures avant l’annonce des 70 millions d’euros d’Agnès Buzyn. Lundi soir, la grève des urgences s’était encore amplifiée, puisque 119 services étaient en grève, selon le collectif Inter-urgences. Il étaient même 121 ce matin. L’enveloppe débloquée par la ministre de la Santé n’aura donc pas produit l’effet escompté.

 
Le mouvement de grève se poursuit donc dans tous les établissements de France, les propositions d’Agnès Buzyn ayant été jugées « insatisfaisantes » selon le collectif Inter-urgences qui s’amusait à décortiquer les effets d’annonces de la ministre dans un communiqué daté du 17 juin :
 
« Le budget hospitalier pour 2019 est de 82 milliards d’euros. Une enveloppe de 70 millions représente 0,08 % d’augmentation sur le budget global, ce qui paraît bien peu pour répondre à la crise majeure que traverse les services d’Urgences ».

 
Autre mise en perspective du collectif : l’enveloppe de 15 millions d’euros proposée par Agnès Buzyn en prévention des difficultés estivales « revient à des renforts de personnel à hauteur de 28 600 € pour les 524 SAU publics », selon le collectif Inter-urgences qui ajoute que cela « représente une personne de plus par jour pendant 60 jours pour pallier aux difficultés des services d’Urgences et des services d’aval ». Oui, juste une personne dans un conexte de sous-effectifs...
 

Toujours loin des 300 euros

 
Enfin, la prime individuelle de risque de 100 euros nets mensuel, censée reconnaître la spécificité de l’exercice aux urgences, « est un effort mais reste bien loin des 300 € avancés », selon le collectif qui rappelle que les services de maladies infectieuses, de réanimation, de psychiatrie disposent de primes plus intéressantes. Or, :
 
«  Les services d’Urgences rencontrent toutes ces pathologies lors de leur phase de décompensation aiguë et peinent à recruter et garder en poste les soignants au regard des conditions de travail », poursuit le communiqué.
 
Décidé à durcir le ton, le collectif Inter-urgences appelle donc à une nouvelle journée d’action nationale le 20 juin. En donnant rendez-vous devant toutes les ARS, afin d'exiger des réponses sur les renforts prévus pour l’été.
 

Portrait de Julien Moschetti

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