Grève des urgences : 5 minutes qui ne font pas trembler Agnès Buzyn

Les personnels grévistes des urgences étaient appelés à débrayer totalement pendant cinq minutes le 28 mai à midi. Ils se sont mobilisés, mais ne semblent pas avoir convaincu Agnès Buzyn de prendre des mesures urgentes.

Le 28 mai, le personnel des urgences était en grève. Enfin, pour beaucoup, ils étaient déjà en grève. Mais pas vraiment. Alors que là, oui, vraiment. Enfin, c’est compliqué… Depuis le mois de mars, et à l’initiative du personnel de Saint-Antoine (AP-HP), le personnel non médical d’une soixantaine de services d’urgences en France (dont tous les services de l’AP-HP) est en grève, médical style : il continue quand même à travailler.
 
Samu-Urgences de France avait appelé à une mobilisation plus visible le 28 mai, à midi. Les grévistes étaient invités à prendre cinq franches minutes, et sortir afficher leur ras-le-bol devant leurs services respectifs (et à prendre une petite photo pour marquer le coup). Si les personnels ont joué le jeu un peu partout en France – parfois accompagnés des médecins –, la tentative ne semble pas avoir défrayé la chronique...
 

Mais à part sur Twitter, la visibilité est restée limitée, tout de même. Les grands médias n’en ont pas fait leurs unes, et les revendications sont passées un peu inaperçues. Les grévistes demandaient toujours plus de moyens matériels, un gel des fermetures de lits, plus de sécurité dans les services et une prime pour la pénibilité du travail.

En visite en Corse, Agnès Buzyn n’a pas semblé plus émue que cela par la démonstration. Elle table sur le long terme, et ne semble pas vouloir céder dans l’urgence. « Il y a plusieurs pistes aujourd’hui à explorer pour améliorer la situation des urgences », a-t-elle notamment déclaré, parlant de formation, de réorganisation, de permanence des soins en ville… « Tout cela aujourd’hui est en train de se monter dans beaucoup de sites et permet de faciliter le travail des urgentistes », a-t-elle notamment ajouté. Ça ne sent pas la réactivité extrême au ministère de la Santé. Pour répondre au malaise des personnels des urgences, il n’y a pas de « solution miracle » pour Agnès Buzyn.

Retrouvez la Consult' de Patrick Pelloux (23 mai)

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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