AP-HP : vers une grève massive des urgences ?

Après l'hôpital Saint-Antoine, c’est l’ensemble des sites de l’AP-HP qui pourrait être touché par la grève. La CGT et SUD-Santé réclament des créations de postes, des hausses de salaires et une sécurité renforcée. 

La grève du personnel soignant du service d'accueil des urgences de l'hôpital Saint-Antoine pourrait faire tache d’huile. Engagée depuis le 18 mars pour obtenir de meilleures conditions d'exercice suite à des agressions répétées des soignants, elle risquerait fort de s’étendre à d'autres sites de l'AP-HP.
 
Le syndicat SUD Santé de l'AP-HP a en effet déposé des préavis pour les services des urgences des hôpitaux de Tenon, Saint-Louis, la Pitié-Salpêtrière et Lariboisière. Si bien qu’une grève dans ces services pourrait débuter dimanche 14 avril à minuit. De son côté, la CGT a déposé un préavis couvrant les 25 services d'urgences que compte le CHU francilien, avec des revendications similaires.
 
 

Une augmentation de salaire de 300 euros ?

 
Les agents réclament la création de postes d’infirmier et d’aide-soignant, le remplacement systématique des congés maladie et de maternité, mais aussi "des locaux sécurisés qui garantissent leur intégrité physique et morale dans l’exercice de leur métier".
 
Sans oublier bien sûr le nerf de la guerre : une augmentation de salaire à hauteur de 300 euros nets mensuels justifiée "par les conditions particulièrement difficiles d’exercice de métiers déjà pénibles".
 
Quant à la CGT, elle dénonce "des conditions de travail devenues insupportables » dans un communiqué publié ce mardi. Selon le syndicat, « partout, la situation est tendue. Aux urgences, porte d’entrée de l’hôpital, mais aussi dans les services qui ne peuvent plus accueillir les patients, faute de lits."
 

45 emplois supplémentaires

 
Sommé de réagir, le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch, a adressé le 9 avril un courrier aux responsables des deux syndicats. Il promet dans l’immédiat la mobilisation de 45 emplois supplémentaires "pour tenir compte d’une augmentation de 3,4 % de l’activité au cours des trois derniers mois".
 
La direction indique également qu’elle va systématiser le remplacement des congés maternité pour l’ensemble des soignants, pour s’adapter "aux situations spécifiques des urgences et de leurs obligations d’accueil des patients". Quant à la stagiairisation, elle devrait être systématisée pour les infirmiers. Martin Hirsch se dit également prêt à "donner des consignes" pour étendre la démarche aux aides-soignants des urgences "si cela permet de stabiliser les équipes".
 
Sur la question de la sécurité, le directeur général de l'AP-HP affirme "sa volonté de renforcer la sécurité de l’ensemble des sites pour éviter la reproduction d’agressions." Tout en rappelant que "des moyens ont également été dégagés pour renforcer les équipes de surveillance et assurer une présence continue sur tous les sites le nécessitant."
 
Enfin, à propos des rémunérations, la direction refuse la demande d’augmentation de salaire à hauteur de 300 euros nets mensuels pour les personnels des urgences, car "il n’est pas possible à l’AP-HP de créer une prime spécifique pour telle ou telle catégorie d’agents relevant du statut de la fonction publique hospitalière". Mais elle évoque néanmoins la possibilité d'une "réponse tangible aux difficultés qu'ont connues les équipes des urgences au cours des derniers mois".
 
Ces mesures et ces effets d’annonce suffiront-ils à apaiser la colère des syndicats ? Réponse d’ici dimanche. Mais quelque chose nous dit que le mouvement est loin d’être terminé…
 

Portrait de Julien Moschetti

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