Grandes vacances : le faux départ des médecins

Débat entre aoutiens et septembristes

S'agissant des vacances d'été, il n'y a pas de débat entre les médecins juilletistes et aoutiens, mais plutôt entre ceux aoutiens et septembristes. L'organisation des congés reste toutefois un casse-tête pour la plupart des praticiens, notamment à l'hôpital. 

Les grandes vacances des médecins c’est parti ! Euh… pas vraiment en fait. Les 300 participants qui ont répondu au dernier sondage de What’s up Doc (1) préfèrent partir en août (39 %). Septembre a aussi ses aficionados (36 %) et juillet dans une bien moindre mesure (16,7 %). Le mois de juin, en revanche, est totalement délaissé par nos lecteurs (7,3 %).

Côté durée, les jeunes médecins tablent sur 3 semaines de détente l’été avec une moyenne de 6 semaines par an. C’est moins que ce que permet la loi puisque les hospitaliers disposent de 9 semaines (avec les RTT), alors que les libéraux peuvent prendre ce qu’ils souhaitent, en théorie.

Ce qui justifie cet écart entre la théorie et la pratique s'explique sans doute par les difficultés rencontrées par la profession pour organiser son départ au soleil. 36,3 % des interrogés rapportent en effet que c’est une bataille qu’il est impossible de gagner chaque année.

Des services hospitaliers en sous-effectifs 

Contacté par WUD à ce sujet, Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF), confirme le diagnostic : « les résultats de votre sondage correspondent tout à fait à notre réalité. Le problème actuel est celui de la démographie médicale : nous n’avons pas suffisamment de médecins au bon endroit et pour la bonne activité : c’est par exemple le cas en médecine d’urgence où nous sommes en sous-effectifs dans de nombreux services tout au long de l’année, donc je vous laisse imaginer pendant l’été ! » Dans ces conditions, dur dur d’assurer la continuité du service public hospitalier...

Une situation qui ne change pas les habitudes de certains médecins puisque 30 % des sondés ont répondu : que ça plaise ou non je me débrouille toujours pour partir comme je veux ! Pour l’urgentiste de Bobigny, « c’est une réponse inacceptable car contraire au serment d’Hippocrate ».  « Le droit aux vacances ne doit pas se faire au détriment de la population dans le cadre d’un individualisme forcené », pense-t-il.

Enfin, What’s up Doc remarque que ce questionnaire est son premier sans parité. Plus de femmes (66,3 %) ont ainsi été intéressées par la thématiques de la période estivale. Les hommes médecins, et surtout les chirs', ont boudé l’exercice. Et qui sait leurs vacances (peut-être). Dans ce cas, la rédac' vous souhaite tout de même de bonnes vacances au bloc ! 

(1) Retrouvez ci-dessous tous les résultats de notre sondage 

Source: 

Bruno Martrette-Gomez

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