Génériques : la CNAM veut des médecins geeks

Appli' d'aide à la prescription

L'appli' E-mémo Génériques permet aux médecins de vérifier si une molécule est inscrite au répertoire des génériques parmi les 7 classes thérapeutiques les plus remboursées en ville, élargies à 16 classes pour les prescriptions à l'hôpital.

Nicolas Revel est-il un geek ? Nul ne sait mais le patron de l’Assurance Maladie prend le virage de la e-santé. Dans un communiqué publié ce mercredi, la CNAM a dévoilé son nouveau partenariat avec le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM).

Améliorer le parcours de soins

L’outil présenté par les 3 autorités sanitaires porte le nom d’E-mémo Génériques (1). Il s’agit d’une application mobile d’aide à la prescription destinée aux praticiens. Concrètement, en ville comme à l’hôpital, l’appli' permet aux médecins de vérifier si une molécule est inscrite au répertoire des médicaments génériques. En tout, 505 molécules sont concernées. 

Les plus jeunes d'entre vous se demandent peut-être pourquoi les tutelles insistent autant sur la nécessité de prescrire dans ce répertoire et en Dénomination Commune Internationale (DCI). L’Assurance Maladie répète qu'en prescrivant de la sorte, « le médecin fait le choix de la molécule, tout en facilitant la substitution par le pharmacien, qui choisit le médicament le mieux adapté aux besoins et habitudes du patient (plus facile à avaler, goût différent, sans excipient à effet notoire, etc.) ».

Harmoniser les pratiques

La prescription en DCI, obligatoire depuis le 1er janvier 2015, facilite aussi la compréhension par le patient. Ce dernier retrouve en effet le même nom sur son ordonnance et sur ses boîtes de médicaments. Cela favorise donc l’observance du traitement.

Enfin à l’hôpital, la primo-prescription dans ce répertoire (ordonnances de sortie, de consultations externes, des urgences) joue un rôle particulièrement important. Son objectif : harmoniser les pratiques. E-mémo Génériques peut, c'est vrai, aider les hospitaliers à mieux connaître les génériques disponibles en ville pour un meilleur relais de la prise en charge en sortie d’hospitalisation.

Un gain d’efficience

Pour rappel, si le taux de prescription dans le répertoire des médicaments génériques a augmenté (45,4 % en 2016 contre 42,8 % en 2014 (2), « ces résultats sont à consolider au regard du taux moyen de substitution en 2016 (83,4 %) », estime la CNAM.

L’Assurance Maladie semble ainsi très gourmande sur le sujet. Pourquoi ? Car les médicaments génériques lui ont déjà permis de réaliser 7 milliards d’euros d’économies en 5 ans (entre 2010 et 2014). C'est précieux pour la branche malade de la Sécurité sociale ! 

(1) E-mémo Génériques est accessible gratuitement sur Iphone, Ipad, smartphone et tablette Android depuis l’AppStore ou sur Google Play.

2) Source : Assurance Maladie - données SNIIRAM régime général hors SLM, en volume.

Source: 

Bruno Martrette-Gomez

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